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Sur Facebook, le profil banal du suspect de Cleveland

«Les miracles arrivent vraiment, Dieu est bon :)»: Ce sont les derniers mots que le kidnappeur présumé de Cleveland a postés sur sa page Facebook le 2 mai dernier. Son compte, toujours actif, ne révèle rien du cauchemar vécu par ses trois victimes

A la recherche sur Internet de détails sur Ariel Castro, le suspect des enlèvements des trois jeunes femmes à Cleveland, on découvre rapidement qu’il est actif sur Facebook. La page du Portoricain, ouverte à tous et en ligne depuis le 13 février, ne révèle cependant aucun détail qui aurait pu trahir l’horrible double vie qu’il cachait depuis plus de dix ans – on s’en serait douté.

L’homme de 52 ans, au chômage depuis novembre dernier, se révèle être un utilisateur ponctuel, postant des commentaires anodins sur sa vie et utilisant les codes d’écriture Internet, tel ce «lol» («laughing out loud», mort de rire) à la fin d’un de ses posts. Impossible de douter de la normalité du personnage d’après sa présence sur le réseau social californien.

Son premier post se veut même lyrique: «Ce matin, j’ai entendu le chant d’un passereau cardinal. Oui! Vive le printemps!» Comme tout un chacun, Ariel Castro entretient ses relations: il congratule son frère pour son anniversaire, informe de la naissance de son cinquième petit-fils le 11 avril, un événement commenté chaleureusement par certains de ses 32 amis, parmi eux des membres de sa famille, ou encore poste des messages tels que «Good day everyone, and blessings». L’image qui en ressort est celle d’un «bon père de famille», quasi identique à la description que son entourage donnera de lui aux médias américains.

Ancien élève du lycée public Lincoln-West High School de Cleveland, le suspect menait une vie extérieure normale et sa passion publique semble bien être la musique, comme le montrent ses affinités numériques. Il a joué comme bassiste dans un groupe de musique latino-américaine, le Grupo Fuego, ce que confirme la page dédiée au groupe. Ce qu’il aime? L’ex-chauffeur de bus indique, avec trois mentions «J’aime», être fan de Rey Ruiz, un chanteur cubain de salsa, de la ville touristique de Virginia Beach, Virginie, sur la côte Est des Etats-Unis et, plus étonnant, des chiens chinois à crête.

Seule une photo partagée révèle, a posteriori, ses problèmes conflictuels avec son ex-femme. Il y est écrit qu’une «femme ne doit pas utiliser ses enfants comme arme lors d’une rupture car ce sont les enfants qui en souffrent». Duplicité, ou déni de réalité: Ariel Castro a maltraité son ex-femme et son fils avant qu’elle ne le quitte, emmenant leur fils et leurs deux filles. On sait aussi que, par la suite, il a tenté de kidnapper leurs trois enfants.

La page étant ouverte à tous, des centaines de personnes commentent d’ores et déjà les posts d’Ariel Castro, entre dégoût et indignation. «Toute sa famille devrait avoir honte, et même ses enfants», exprime un internaute, ou encore «Brûle en enfer», ajoute un autre. Sans compter les nombreux messages d’insultes plus ou moins ouvertes. Beaucoup d’autres raillent et tournent en dérision les quelques posts d’Ariel Castro faisant référence à la religion.

La page va-t-elle rester en ligne, et visible? Son contenu ne viole pas manifestement les règles d’utilisation du réseau social. Mais si ce grand déballage public continue, le réseau n’aura pas d’autre choix que de la désactiver.

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