La création massive d’abonnements et leur commerce sont interdits par les conditions d’utilisation de Twitter, ce qui n’empêche pourtant pas ce type de pratiques. Le réseau social développe donc, en collaboration avec des équipes de recherche, des filtres qui bloquent la création fautive de nouveaux comptes fantômes.

Ainsi, une équipe de chercheurs des Universités de Californie à Berkeley et de l’Université George Mason a travaillé avec le département de Twitter en charge de la sécurité pour analyser les faux comptes en vente, rapporte le Wall Street Journal (WSJ). Sur une période de 10 mois entre 2012 et 2013, les chercheurs ont acheté des faux comptes, ont identifié les caractéristiques qu’ils avaient en commun (pas de photo de profil, peu de tweets, des profils incomplets) et ont développé un filtre qui bloquait ce type de comptes.

Un succès temporaire, avec 95% des faux comptes bloqués, mais qui n’a duré que deux semaines. Ensuite, le marché noir s’était adapté et le nouveau filtre ne retenait plus que la moitié des comptes fantômes.

Le WSJ précise que durant l’été, deux chercheurs italiens, Andrea Stroppa et Carlo De Micheli, ont annoncé avoir trouvé 20 millions de faux comptes à vendre pendant l’été, soit près de 9% des utilisateurs actifs sur le réseau. Ils ont aussi découvert des logiciels qui permettaient aux spammers de créer un nombre illimité de faux comptes. Finalement, les deux chercheurs ont décodé des logiciels de programmation de robots pour montrer qu’il était extrêmement simple pour des spammers de contrôler des comptes fantômes. Malgré ces découvertes, Twitter n’a pas souhaité faire de commentaires.

Le marché noir a montré sa très grande capacité d’adaptation aux techniques de lutte contre la prolifération de faux comptes, et sa grande réactivité laisse présager qu’il sera encore possible d’acquérir de faux abonnés pour asseoir sa réputation virtuelle dans les mois qui viennent.