Des chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) et de l’Université de Princeton ont analysé à l’aide de vidéos la manière de laper des chats domestiques et des félins sauvages, comme le tigre.

Ils ont découvert que ces animaux utilisaient à la perfection l’équilibre entre deux forces de la physique, la gravité et l’inertie.

On savait déjà que pour boire, les chats étendent leur langue vers le bol et la courbent à son extrémité pour lui donner la forme d’une louche.

Ce phénomène avait été observé pour la première fois par un ingénieur du MIT en 1940 à l’aide d’une caméra.

Mais grâce aux caméras vidéo à grande vitesse d’aujourd’hui, l’équipe de chercheurs auteurs de cette découverte a pu voir que seule l’extrémité de la langue du chat touchait le liquide.

Contrairement aux chiens, les chats ne plongent pas leur langue dans l’eau ou le lait quand ils boivent.

Ils recourent à un mécanisme beaucoup plus subtil et élégant, observent ces chercheurs dont la communication fait la une de la revue Science datée du 12 novembre.

En fait, le bout de la langue lisse du chat effleure à peine la surface du lait avant qu’il ne la rétracte rapidement. Il créé de cette façon une colonne de liquide entre sa langue en mouvement et la surface du liquide, refermant ensuite la gueule pour boire tout en laissant ses babines immaculées.

La colonne de lait résulte d’un équilibre délicat entre la gravité, qui attire le lait vers le bol, et la force d’inertie, qui en physique se réfère à la tendance d’un objet ou d’un liquide à poursuivre son mouvement sur sa lancée tant qu’une autre force ne s’y oppose pas, expliquent les chercheurs.

Le chat sait instinctivement à quelle rapidité il doit laper --environ quatre fois par seconde en moyenne-- pour maintenir un parfait équilibre entre ces deux forces et quand aussi refermer sa gueule.

S’il attend une fraction de seconde de trop, la force de la gravité l’emporte sur celle de l’inertie et le liquide retombe dans le bol laissant la langue du chat vide.

Chaque fois que le chat lape, il récupère environ 0,1 millilitre de liquide, ont calculé les auteurs de la recherche.

Si les chats domestiques lapent quatre fois par seconde, les gros félins savent apparemment ralentir le mouvement sans briser la colone de liquide et lapent naturellement plus lentement sans problème.