Ceux-ci ont déjà passé la nuit de lundi à mardi à festoyer, fêtant pour la dernière fois la «Nuit de la reine»: «dernier jour de la reine! C’était pour toi Bea», s’est exclamé un groupe de jeunes ayant festoyé jusqu’aux petites heures.

Si pour certains, il était l’heure d’aller se coucher, d’autres se mettaient en route vers Amsterdam, pour pouvoir assister aux événements de la journée. Ou pour d’autres raisons: «Amsterdam est légendaire pour ses fêtes pendant le jour de la reine», lance Nico Silberie, 25 ans, dans un train en direction de la capitale.

A la gare centrale d’Amsterdam, ceux rentrant chez eux croisaient ceux qui arrivent, plus de 800.000 visiteurs tout d’orange vêtus, une couleur inspirée par le patronyme de la famille royale, les Orange-Nassau, étant attendus dans les rues d’Amsterdam pour une journée marquée par le faste.

Le jeune roi sera le premier homme à monter sur le trône depuis 1890, après trois reines et une régente.

Sa mère, la reine Beatrix, a assuré lundi soir, visiblement émue, dans un bref discours d’adieu à la Nation retransmis à la télévision, que Willem-Alexander était «prêt à tous niveaux».

«Ni le pouvoir, ni la volonté personnelle, ni l’autorité héréditaire mais uniquement la volonté de servir la communauté peut donner de la substance à la royauté actuelle», avait déclaré la reine, remerciant le peuple néerlandais de sa confiance pendant ses 33 années de règne.

Willem-Alexander sera en outre le premier d’une nouvelle génération de monarques européens, dont la moyenne d’âge est actuellement de 71 ans, à régner dès la signature par la reine Beatrix de l’acte d’abdication qui fera à nouveau d’elle une princesse, vers 10h.15.

La famille royale apparaîtra ensuite sur le balcon du palais, afin de saluer les quelque 20.000 personnes présentes sur le Dam, la place du centre-ville bordée d’un côté par le palais et de l’autre par la «Nieuwe Kerk», une ancienne église, où se tiendra la cérémonie d’investiture.

Le futur souverain devrait adopter un style plus détendu que celui de sa mère: dans une interview diffusée par la télévision publique deux semaines avant son intronisation, il a assuré vouloir être un «monarque de XXIe siècle» conciliant tradition et modernité et, surtout, ne pas être un «fétichiste du protocole».

Le rôle du monarque a évolué depuis la création en 1815 du Royaume des Pays-Bas, qui étaient avant cela une république.

Le nouveau roi, qui ne participera plus à la formation du gouvernement, prêtera serment devant les deux chambres du parlement, réunies en session extraordinaire dans la «Nieuwe Kerk». Il sera alors intronisé et non couronné, une nuance marquant la séparation entre l’Église et la monarchie aux Pays-Bas.

Vers 19h.30, les 17 millions de Néerlandais seront invités à entonner en chœur le «Koningslied», ou chanson du roi, un morceau spécialement créé pour l’occasion et qui a récolté de nombreuses critiques pour son improbable mélange de style de dessins animés, de musique populaire et de rap, le tout soutenu par des paroles simplistes avec une grammaire déficiente, selon ses critiques.

Une multitude de concerts, de soirées et de fêtes de rue ont été prévus à travers le pays, dont une performance en plein air du célèbre DJ néerlandais Armin van Buuren.

La journée de célébration, historique pour les Néerlandais généralement attachés à la famille royale, sera marquée par deux absences: le père de la future reine Maxima, Jorge Zorreguieta, en raison de son rôle controversé durant la dictature argentine, et le frère de Willem-Alexander, le prince Friso, dans le coma depuis un accident de ski en février 2012.

Les princes et princesses héritiers du gotha européen, ainsi que l’ex-secrétaire général des Nations unies Kofi Annan et du président du Comité international olympique Jacques Rogge, assisteront à la cérémonie ainsi qu’aux festivités.

Lundi soir, un dîner de gala a réuni autour de la reine et du futur couple royal toutes les délégations au Rijksmuseum, l’un des plus célèbres musées au monde récemment rouvert après 10 ans de travaux de rénovation.