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Le flop mondial et désastreux d’Apple Maps

Bourrée de bugs et incomplète, la comique solution de cartographie Maps d’Apple est une énorme déception. Depuis quelques jours, elle est la risée du Web

Dans un vaisseau de Star Wars en hyper-progression dans l’hyper-­espace, un personnage scrutant l’horizon infini constate: «Ce n’est par une lune, c’est une station spatiale.» Et Han Solo, sous les traits d’Harrison Ford, de lui répondre: «Mais Apple Maps assure que c’est une lune.» Ce gag posté sous la forme d’une photo retouchée sur le compte Twitter de ppgarcia75 dit bien à quel point, depuis quelques jours, la Toile entière se marre de la nouvelle application Apple Maps.

A tel point que le site Business Insider n’hésite pas à parler de «désastre». «Dans l’histoire de l’iPhone et d’iOS, on n’a pas souvenir d’un tel ratage», confirme Le Nouvel Observateur. Comme le résume un esprit mutin: «Je viens de voir Maps. J’apprécie les efforts d’Apple pour pousser les gens à choisir Android.» Conclusion: ­«En choisissant de se séparer de ­Google Maps, et d’opter pour sa propre solution, Apple prenait un risque, et malheureusement, c’est un échec pour l’instant.»

Tout un poème, selon la Tribune de Genève, qui parle de «grandes villes introuvables» de «ponts et routes déformés»: bref, «Apple a énervé ses fans en leur imposant son nouveau système de cartes rempli de bugs et a peut-être fait une erreur stratégique en voulant évincer de ses iPhone l’application très populaire de son grand rival Google».

Vienne ou Nuremberg?

Et d’en citer, via Tumblr, toute une série sur une page spéciale, dont une au Tessin. Mais encore: «En Suède, un célèbre voilier-auberge de jeunesse «a coulé», et la deuxième ville du pays, ­Göteborg, semble avoir disparu, rapportent des utilisateurs, photo à l’appui. En Autriche, le Palais de justice de Vienne est présenté comme celui de Nuremberg, une ville allemande située à des centaines de kilomètres de là.»

«Apple le reconnaît lui-même, lit-on sur le site Atlantico: son service de cartes sur l’iOS6 n’est pas au point. […] Twitter et Facebook débordent de plaisanteries et de critiques sur les monumentales ou hilarantes erreurs relevées par les utilisateurs dans ses fonds de cartes. Qu’est-il arrivé à la fameuse perfection des produits Apple?» Le site Mashable en a publié un best of, où il repère «les trous noirs, les autoroutes en tôle ondulée et les montagnes manquantes». Tandis que pour Fortune, qui raisonne évidemment plutôt en termes de management, «le divorce et la rupture du contrat de cinq ans avec les fonds de cartes de Google Maps a été l’erreur monumentale commise […] avant le décès de Steve Jobs, car rien ne peut actuellement se mesurer à la qualité» de ses cartes et résultats de recherche, fruit «des données de géolocalisation engrangées depuis une décennie».

Les utilisateurs peuvent aussi s’apercevoir «que de nombreuses prises de vue en trois dimensions ne sont pas au point», précisent Les Echos. Parmi «les clichés les plus insolites: la tour Eiffel écrasée, le pont de Brooklyn coupé, des routes s’enfonçant dans le sol… La couche d’informations venant compléter les cartes (noms des magasins, des bâtiments ou des rues) semble, elle aussi, aléatoire.» Au point qu’Apple chercherait à recruter du côté de Google afin de perfectionner son application cartographique et de faire oublier ce que Le Vif belge appelle «le premier bug de l’après-Steve Jobs».

Il existe même un faux compte Twitter sur ces fameuses cartes, indique 20 Minutes France, qui parle assez joliment de «mapocalypse» en citant aussi Gizmodo, site horrifié par une carte certes esthétique de Manhattan, mais d’où a simplement disparu… la statue de la Liberté! D’ailleurs, ­Nokia n’a pas manqué de sauter sur l’occasion pour se moquer de son rival. Son blogueur, Pino Bonetti, rappelle «que joli n’est pas suffisant: il faut de l’excellence».

Crime de lèse-majesté

Dans la foulée, Le Monde indique que «le système de cartographie tant attendu semble loin d’être à la hauteur». Et de citer la BBC, qui recense aussi toute «une série d’erreurs», dont celle qui touche le «légendaire club de football de Manchester United, remplacé dans la recherche par le club football Sale United, destiné aux enfants dès 5 ans. On frôle le crime de lèse-majesté, à ce niveau-là.»

Encore plus instructif, le site de l’audiovisuel public britannique propose également un article rapprochant les mêmes cartes, version Google et version Apple, qui met en scène cette «guerre» des cartes. Qui fait rire au bout du compte une catégorie d’utilisateurs: ceux qui ne s’en servent pas, et qui préfèrent encore ce bon vieux papier.

La revue de presse

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