La télévision de l'après-midi apporte de très belles surprises. Pas de reportages effrayants, fi les mauvaises nouvelles, adieu les images insupportables. Non, la télévision de 15 h 50 sur la TSR, c'est C'est mon choix. Emission cul-culte. Rien que du rose, de belles chansons d'amour et des gens sympa. On prend quatre filles et quatre garçons, on les fait chanter et on filme sous les hourras du public. Tout le monde est gentil et c'est tant mieux. Les filles ont des T-shirts moulants couleur pastel. Ceux des garçons sont beaucoup plus larges et voyants. Les rôles sont bien distribués. Le jeu consiste à éliminer les moins bons (ne dites pas les plus mauvais!) La présentatrice, bien plus à l'aise dans sa veste en vinyle rouge que dans la construction de ses phrases questionne à la fin d'une chanson: «Que diriez-vous au public pour qu'il ne vous élimine pas?» Et Olivia de répondre tout de go: «Qu'il laisse parler son cœur…» Finalement, c'est Olivia qui est passée à la trappe. Gros plan sur les yeux bleus d'Olivia. Les glandes lacrymales font leur travail. Silence, on tourne. Le cœur a ses raisons que la raison du public ne connaît pas. Puis vient le tour de Malick. Il entonne: «Aimer, c'est ce qu'il y a de plus beau, aimer, c'est être vivant.» On a envie de le croire, on a la larme à l'œil. Mais le public est cruel: exit Malick!

Quand on voit C'est mon choix sur la TSR, on se dit que ce devrait être notre choix de ne pas payer la redevance.