Quand la France joue la carte médiatique en Afghanistan

Reconstruction. Le Quai d'Orsay et les groupes de presse travaillent de concert

Le philosophe Bernard-Henri Lévy s'est rendu mardi à Kaboul pour le lancement d'un magazine franco-afghan d'information dont le premier numéro devrait sortir le 9 septembre pour le premier anniversaire de la mort du commandant Massoud. Il accompagne Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, qui entend réaffirmer le soutien de la France au processus de reconstruction de l'Afghanistan, notamment dans le domaine médiatique. Intitulé Les Nouvelles de Kaboul, le mensuel sera réalisé par de jeunes journalistes français et afghans en trois langues: français, dari et pachtou, les deux langues principales du pays. Son financement est assuré par la fondation privée française André-Lévy.

Il s'agit là de la dernière initiative en date d'une longue série, entamée par la France depuis la fin du régime taliban. Ainsi, Emmanuel Hoog, PDG de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), est parti en mission fin juin afin de définir les objectifs d'une coopération entre les médias audiovisuels afghans et l'INA, Canal France International, Arte et France Télévisions.

Depuis décembre 2001, l'organisation non gouvernementale Aïna, fondée entre autres par le photographe Reza, est présente à Kaboul, en partenariat avec l'Unesco, Reporters sans frontières et la National Geographic Society. L'ONG a déjà apporté son soutien logistique et financier à plusieurs publications, dont Kaboul Weekly, hebdomadaire interdit par les talibans et relancé le 24 janvier 2002. Aïna participe aussi à la naissance du premier magazine féminin, Malalaï, paru le 21 février. Avec le concours de l'Agence France Presse, Aïna a aidé au développement de l'agence de presse Aria Press, anciennement basée à Douchanbé et porteuse de trois publications qui seront prochainement imprimées à Kaboul. Au total, une trentaine de projets dans les domaines de la presse, de l'audiovisuel et des arts sont à l'étude, soutenus par une centaine de journalistes. Un travail de fond qui pourrait servir la politique du Quai d'Orsay: «On a une longueur d'avance sur la BBC», confiait non sans fierté à La Tribune au début de l'année Eric Davin qui dirige Aïna en Afghanistan. De leur côté, les groupes de presse français sont aussi actifs. Ainsi, Hachette Filipacchi médias, à travers son titre féminin phare Elle, soutient le développement du magazine Roz. Il a investi 80 000 euros dans le projet pour 2002.

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