PLR et UDC convoitent le siège d’Urs Schwaller

Fribourg Beat Vonlanthen, candidat PDC au Conseil des Etats, aura de la concurrence

A quelques mois des élections fédérales, la stratégie des partis politiques fribourgeois pour le Conseil des Etats se précise. Le PDC a désigné jeudi soir Beat Vonlanthen. Le conseiller d’Etat l’a largement emporté face au conseiller national Dominique de Buman. Un choix qui permet maintenant aux autres formations de droite de se positionner et d’avancer leur propre pion. Car le candidat démocrate-chrétien aura de la concurrence. Jacques Bourgeois, conseiller national PLR et directeur de l’Union suisse des paysans, confirme qu’il est sur les rangs. A l’UDC, plusieurs noms circulent.

Le siège laissé vacant par Urs Schwaller suscite des convoitises dans un canton où le PDC ne règne plus en maître. Beat Vonlanthen part certes favori. Magistrat depuis 2004, chargé de l’Economie, il est le candidat naturel. Avec un PDC singinois pour remplacer un PDC singinois et siéger aux côtés du socialiste Christian Levrat, l’équilibre des forces politiques et la représentation linguistique du tandem fribourgeois seraient maintenues.

Un tandem reconnu

Le PS ne manquera d’ailleurs pas de le souligner. «En plébiscitant Beat Vonlanthen, le PDC reconnaît l’importance de cet équilibre et surtout son efficacité pour le canton de Fribourg», déclare Raoul Girard, chef de campagne de Christian Levrat, qui va jusqu’à parler d’une «formule magique» ayant fait ses preuves.

Si le PDC avait désigné Dominique de Buman, le jeu aurait été beaucoup plus ouvert à droite. Au PLR, l’actuel préfet de la Singine, Nicolas Bürgisser, était prêt à se lancer pour défendre la représentation alémanique au Conseil des Etats. A l’UDC, Jean-François Rime se tenait également à disposition. Le président de l’Union suisse des arts et métiers, comptait tirer son épingle du jeu en se profilant comme le représentant de l’économie. Autant de noms qui disparaissent aujourd’hui de l’affiche pour le Conseil des Etats. Affiche qui n’en sera pas moins intéressante. Le PS parle déjà d’une «campagne difficile», même si le siège de Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse, n’est pas en péril.

Face à Beat Vonlanthen pour occuper le second siège, Jacques Bourgeois ne fera pas de la figuration. Homme de dossiers, il mettra son expérience fédérale et son réseau en évidence. Il pourra aussi rappeler que la représentation linguistique n’est pas gravée dans le marbre. A l’UDC, les sections sont invitées à présenter leur candidat et l’assemblée cantonale tranchera au mois de mai. On parle d’Emanuel Waeber, ancien président du PDC fribourgeois qui a rejoint l’UDC. Egalement singinois, il est chef du groupe parlementaire de l’UDC au Grand Conseil fribourgeois. Les noms de Markus Zosso, vice-président cantonal, et de Katharina Thalmann-Bolz, députée qui a présidé l’an dernier le Grand Conseil, circulent également.

Autant Jacques Bourgeois que le candidat UDC n’ont rien à perdre. Le premier s’assure son siège au Conseil national en menant une campagne pour le Conseil des Etats qui offre davantage de visibilité. Même objectif à l’UDC, qui espère décrocher un second siège à la Chambre basse et pourrait également profiter de l’occasion pour profiler son futur candidat pour le Conseil d’Etat fribourgeois, dont l’élection a lieu en 2016.