Pour l'internaute, la navigation sur le Web peut parfois tourner au cauchemar. Son PC lui demande d'abord un mot de passe pour la session Windows. Un autre sera nécessaire pour accéder à sa messagerie. Ou plutôt ses messageries, puisqu'il est désormais courant de posséder deux, voire trois systèmes de correspondance électroniques différents. Et, bien sûr, pas question d'attribuer un mot de passe unique à ses comptes e-mails, afin de compliquer la tâche d'autres internautes indiscrets. Un autre mot de passe sera nécessaire pour consulter l'édition payante d'un quotidien sur le Net, un second pour effectuer ses e-paiements, et un dernier pour faire un peu de shopping sur un site de e-commerce tel Le Shop ou Amazon. Bref, il n'est pas rare de devoir jongler chaque jour avec une dizaine de mots de passe, une opération d'autant plus périlleuse qu'ils doivent être régulièrement renouvelés.

Une partie de la solution à ce casse-tête grandissant résidait jusqu'à présent dans les logiciels de gestion de mot de passe. Mais depuis quelques jours, il existe une solution beaucoup plus simple: utiliser un système de reconnaissance d'empreintes digitales. Ce qui s'apparentait il y a quelques mois encore à de la science-fiction est aujourd'hui facilement accessible. Microsoft vient en effet de commercialiser un clavier intégrant un tel lecteur, avant de proposer, dès début 2005, une souris biométrique (Fr. 129.-). Un lecteur autonome d'empreintes digitales (Fr. 95.-) est d'ores et déjà disponible, qui ne nécessite pas de changer clavier ou souris. D'après nos tests, non seulement la technologie est efficace, mais elle est aussi tout à fait abordable. L'ensemble clavier et souris sans fil actuellement disponible coûte 149 francs.

L'installation du logiciel est très simple, et ne dure que deux minutes sur Windows XP – seule version du système d'exploitation à accepter ses pilotes. L'utilisateur est d'abord invité à scanner au moins trois de ses doigts. Ensuite, lorsqu'il consulte un site lui demandant de s'identifier, il lui suffit de poser un doigt sur le lecteur. A ce moment, le logiciel lui demande d'entrer dans une fenêtre spéciale, via le clavier, son nom d'utilisateur et son mot de passe. Les prochaines fois que l'internaute devra s'identifier sur ce site, il lui suffira de faire scanner son doigt, et l'accès sera accepté. Le logiciel n'a commis aucune erreur lors de nos tests. Les autres utilisateurs de l'ordinateur peuvent bien entendu continuer à entrer leurs mots de passe au clavier. Mais ils ont aussi la possibilité, en scannant leur doigt, d'accéder à leur propre session sous Windows XP, et ainsi d'utiliser eux aussi cette technologie. Plusieurs personnes peuvent donc utiliser le lecteur d'empreintes digitales pour accéder à leurs propres sites.

IBM vient lui aussi de se lancer dans la biométrie en proposant un ordinateur portable (ThinkPad T42) intégrant un lecteur d'empreintes digitales. Ici, pas besoin de poser son doigt sur un scanner. Il suffit de le faire passer au-dessus d'un petit capteur situé sous les touches de direction. Le prix de départ de la gamme des T42 est de 3280 francs.