La lutte contre la grippe A(H1N1) prend de l’ampleur. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a annoncé mercredi que la campagne de vaccination récemment engagée auprès de quelques groupes prioritaires s’élargira lundi 23 novembre à l’ensemble de la population suisse. Et le nouveau chef du Département de l’intérieur, Didier Burkhalter, chargé du dossier, a recommandé aux cantons d’agir avec célérité. Chacun aura par conséquent dès la semaine prochaine le choix de se faire vacciner ou pas. Mais comment se déterminer? Le tour du problème en dix questions.

Quels effets cause la grippe A(H1N1)?

La grippe A(H1N1) en circulation cette année provoque de la fièvre, de la toux, des rhumes et des maux de gorge. Chez certaines personnes, elle cause aussi une forte fièvre, des frissons, des maux de tête, des douleurs dans les muscles et les articulations, une grande fatigue et un manque d’appétit. Les premiers symptômes surviennent en principe entre 2 et 4 jours (et au maximum 7 jours) après la contagion et durent environ une semaine.

La principale complication sévère de la maladie est une infection des poumons. Elle est faible pour les enfants et les adultes en bonne santé, mais plus élevée chez les nourrissons, les femmes enceintes et les personnes qui souffrent d’une affection des poumons, du cœur ou des défenses immunitaires. Le nombre de décès est estimé aujourd’hui de 1 à 10 pour 10 000 malades. Les issues fatales touchent la plupart du temps les groupes à risque.

Qui doit se faire vacciner?

La vaccination n’est en aucun cas obligatoire. Elle est cependant vivement recommandée aux personnes possédant un risque accru de complications, soit les femmes enceintes ou venant d’accoucher, les prématurés âgés de 6 à 24 mois, ainsi que les enfants, adolescents et adultes souffrant d’une maladie chronique touchant les poumons, le cœur, les reins ou le système immunitaire. Elle est aussi fortement ­conseillée à tous ceux qui vivent ou travaillent avec des personnes appartenant aux groupes à risque susmentionnés, à savoir les entourages familiaux les professionnels de la santé et le personnel des crèches-garderies.

Et le reste de la population?

Il lui est aussi conseillé de se faire vacciner, dans un deuxième temps. Dans son propre intérêt, bien sûr. Mais aussi dans celui de la société, puisque cela contribuerait à freiner la diffusion d’une grippe nettement plus contagieuse qu’à l’habitude.

Qui ne doit pas se faire vacciner?

Les femmes enceintes au premier trimestre de leur grossesse, les nourrissons de moins de 6 mois et les gens fiévreux. Les personnes allergiques aux protéines de l’œuf, celles qui prennent des médicaments anticoagulants ou celles qui ont fortement réagi à une précédente vaccination contre la grippe saisonnière sont invitées à en parler avec leur médecin avant de se décider.

Le vaccin de la grippe saisonnière protège-t-il de la grippe pandémique?

En l’état actuel de la science, cela ne semble pas être le cas.

Peut-on prendre les deux vaccins?

En l’absence de données sur d’éventuelles interférences entre les deux produits, il est préférable pour l’instant de ne pas les prendre les deux. Il est possible que l’un ou l’autre devienne moins efficace dans un tel cas ou que l’accumulation des deux pose des problèmes de tolérance.

Après combien de temps le vaccin commence-t-il à être efficace?

Le vaccin commence à défendre l’organisme deux semaines après l’inoculation de la première dose. Mais deux doses prises à trois semaines d’intervalle sont parfois nécessaires pour que la protection soit optimale et prolongée.

Le vaccin est-il efficace à 100%?

L’effet protecteur des produits utilisés n’est pas encore précisément connu. Il n’est certainement pas de 100% mais il paraît assez bon, supérieur en tout cas aux vaccins habituels contre la grippe saisonnière. De plus, chez les vaccinés qui attrapent quand même la maladie, il réduit sensiblement le risque de complications.

La vaccination a-t-elle des effets indésirables?

Oui. Elle peut entraîner des réactions locales, telles que douleur, rougeur et enflure, à l’endroit de l’injection. Elle peut également susciter parfois des réactions inflammatoires avec fièvre, frissons, douleurs musculaires ou articulaires, maux de tête ou fatigue. Précision importante: le vaccin étant inactivé et ne contenant pas de virus vivant, il ne peut en aucun cas causer lui-même la grippe.

Je veux me faire vacciner. Que dois-je faire?

La réalisation de la vaccination est de la compétence des cantons. C’est à eux qu’il appartient de décider notamment où les injections ont lieu, dans des centres de vaccination, dans les cabinets médicaux ou dans les deux. Les personnes intéressées s’adresseront de préférence à leur médecin personnel ou, à défaut, aux départements cantonaux concernés. Le site internet de l’OFSP* propose un test sur l’opportunité de se faire vacciner et offre un grand nombre de renseignements de portée générale ou pratique.