«Dans les premières 24 heures qui suivront la commercialisation du jeu, nous aurons un lancement plus populaire que n'importe quel film de l'histoire du cinéma.» Voilà ce qu'affirmait Bill Gates avant la sortie de Halo 2 sur Xbox. D'ordinaire discret sur les activités de la division jeux vidéo de sa société, le fondateur de Microsoft a tapé dans le mille. Halo 2 a réalisé un départ canon avec pas moins de 2,38 millions d'unités écoulées sur le seul continent nord-américain (Canada/ USA), deux jours seulement après sa commercialisation le 8 novembre. Les ventes du jeu, développé par Bungie Software, auraient déjà rapporté plus de 125 millions de dollars, dépassant les records établis par les plus grosses cylindrées hollywoodiennes.

Outre les moyens démesurés déployés par la firme de Redmond pour assurer la promotion de son produit, Halo 2 doit l'essentiel de son succès à la réputation de son prédécesseur, adulé par une majorité de joueurs. Vendu à 5 millions d'exemplaires, Halo (sorti en 2002) demeure le jeu le plus vendu sur Xbox. Les analystes estiment que le deuxième volet pourrait atteindre ce chiffre dès novembre, et dépasser ensuite la barre des 10 millions d'exemplaires.

Manette en main, Halo 2 s'avère très convaincant. Le jeu est toujours aussi beau et jouable; incontestablement le meilleur FPS (jeu de tir à la première personne) sur console. Gros regret, les nouveautés sont moins nombreuses qu'on aurait pu l'espérer, surtout après un développement aussi long. Du coup, les inconditionnels de Halo retrouveront rapidement leurs marques, l'interface n'ayant quasiment pas évolué. En revanche, les maps couvrent une surface beaucoup plus grande qu'auparavant, ce qui renforce le sentiment de liberté. Les musiques oppressantes sont dignes du premier volet, tout comme le doublage français, très appréciable. L'intelligence artificielle semble avoir encore progressé: les coéquipiers de Master Chief (héros du jeu) le secondent plus efficacement, et les Covenants (ennemis extraterrestres) mieux organisés rivalisent de fourberie au cœur des combats.

Changement notable côté gameplay: la possibilité de tenir deux armes différentes, certaines combinaisons s'avérant très efficaces. Autre nouveauté appréciable, la possibilité de déloger les ennemis de leurs véhicules (jeeps, tanks, avions) afin de s'en emparer. Moins sympathique, le fait d'être éjecté à son tour du cockpit par un extraterrestre un peu trop teigneux.

Ultime argument en faveur de Halo 2, la présence des modes multi-joueurs (en écran partagé) et en ligne (non testé), dont la plupart des forums et des sites internet spécialisés disent le plus grand bien.