«Ce rapport est une nouvelle preuve de l’augmentation spectaculaire des affections qui déclenchent des cardiopathies et d’autres maladies chroniques, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire», a déclaré la directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Chan.

Les maladies non transmissibles sont actuellement responsables de près des deux tiers de la mortalité mondiale.

Hypertension

En Afrique, plus de 40% des adultes de nombreux pays souffrent d’hypertension, affection responsable de près de la moitié des décès par accident vasculaire cérébral et cardiopathie. La plupart de ces personnes ne sont pas diagnostiquées.

Dans les pays à revenu élevé, la généralisation du diagnostic et du traitement au moyen de médicaments peu coûteux a par contre permis de réduire sensiblement la tension artérielle moyenne de la population – ce qui a contribué à réduire la mortalité par maladie cardiaque.

L’OMS publie pour la première fois des données à l’échelle mondiale sur les personnes atteintes d’hyperglycémie (taux de sucre élevé dans le sang). La prévalence moyenne de cette affection dans le monde est établie aux alentours de 10% et jusqu’à un tiers des populations de certains pays des îles du Pacifique en souffrent.

Non traité, le diabète peut entraîner des maladies cardio- vasculaires, la cécité ou une insuffisance rénale.

L’obésité a doublé

Dans toutes les régions du monde, l’obésité a doublé entre 1980 et 2008, a déclaré le Dr Ties Boerma, directeur du département Statistiques sanitaires et systèmes d’information à l’OMS. Aujourd’hui, un demi-milliard de personnes (12% de la population mondiale) sont considérées comme obèses.

Les taux d’obésité les plus élevés ont été relevés dans les Amériques (26% de la population adulte) et les plus faibles en Asie du Sud-Est (3%). Partout, les femmes sont plus exposées à l’obésité que les hommes, et également plus exposées au risque de diabète, de maladies cardio-vasculaires et de certains cancers.

Parmi les autres chiffres du rapport, l’OMS souligne que la mortalité maternelle a baissé. Le nombre de femmes décédant des suites de leur grossesse ou d’un accouchement a diminué de près de moitié en 20 ans grâce à l’amélioration de la prévention et des soins, selon des statistiques publiées mercredi par les Nations unies.

Il reste cependant qu’une femme meurt toutes les deux minutes de complications liées à la grossesse: hémorragie, infections, hypertension ou avortement pratiqué dans de mauvaises conditions.

De 1990 à 2010, le nombre de décès liés à la maternité a chuté de 543.000 à 287.000 par an, soit 47% de moins. Mais les disparités régionales sont fortes: 99% de ces décès surviennent dans les pays en développement, en particulier en Afrique subsaharienne.

L’Inde et le Nigeria comptent pour le tiers de ces décès -- respectivement 56.000 (20%) et 40.000 (14%) – et 36 des 40 pays ayant le plus fort taux de mortalité pendant la grossesse ou l’accouchement se trouvent en Afrique subsaharienne.

«Nous savons exactement ce qu’il faut faire pour prévenir ces décès: améliorer l’accès au planning familial, investir dans la création de postes de soignants ayant un entraînement en obstétrique, et garantir l’accès aux soins obstétriques d’urgence quand des complications surviennent», explique le docteur Babatunde Osotimehin, directeur exécutif du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).

«On sait que ces interventions sauvent des vies», souligne-t-il à l’occasion du lancement d’un rapport sur ce sujet préparé par le Fonds, l’Organisation mondiale de la santé, l’Unicef et la Banque mondiale.

Ce sont les pays du sud-est asiatique qui ont fait le plus de progrès dans ce domaine, souligne le rapport, alors que huit pays représentent 40% des décès: la République démocratique du Congo (15.000), le Pakistan (12.000), le Soudan (10.000), l’Indonésie (9.600), l’Ethiopie (9.000), la Tanzanie (8.500), le Bangladesh (7.200) et l’Afghanistan (6.400).

«Plus de 215 millions de femmes n’ont pas accès à une contraception moderne», souligne Babatunde Osotimehin, un ancien ministre de la santé du Nigeria qui considère le planning familial comme «une stratégie de santé très efficace et économique».

Selon le rapport, en 2010, le taux moyen de mortalité liée à la grossesse était de 210 pour 100.000 naissances viables, mais de 500 pour 100.000 en Afrique subsaharienne.

Dans cette région une femme a un risque sur 39 de mourir pendant sa grossesse ou l’accouchement au cours de son existence alors que ce risque tombe à 1 sur 290 en Asie du sud-est et à 1 pour 3.800 dans les pays développés.

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Le nombre de décès d’enfants a passé de près de 10 millions d’enfants de moins de cinq ans en 2000 à 7,6 millions de décès annuels en 2010. La baisse du nombre de décès dus aux maladies diarrhéiques et à la rougeole a été particulièrement forte. Le rapport est publié en vue de l’Assemblée mondiale de la santé qui s’ouvre lundi à Genève.