«Combien ça coûte», sur TF1, est le pinacle du divertissement dans le PAF français. Deux vieilles gloires, Annie Cordy et Enrico Macias, s'amusent à parler argent. «Même si l'on n'est pas en Amérique», s'en offusque la bonne du curé, tous les ingrédients sont là pour faire rêver. On y parle espèces sonnantes et trébuchantes, du prix payé par une tête couronnée pour deux cents paires de chaussures au transport par hélicoptère, sur dix kilomètres, des bagages de super-riches.

Mais lorsqu'on s'intéresse d'un peu plus près au cachet que les champions du monde, et d'Europe, de football ont touché pour les innombrables pubs qu'ils ont tournés, motus et bouche cousue.

Les estimations de l'équipe de Combien ça coûte se montent à plus d'1 500 000 francs français pour Zizou, vantant les mérites d'un supermarché. C'est exactement le prix de ses 30 secondes de silence, fort télégéniques, pour Ford à la fin de l'année passée. Enfin, c'est le prix du spot, car l'agence de pub fait l'impasse sur ce que Zidane a touché, lui, pour être beau et se taire.

Et justement, le rêve absolu aujourd'hui n'est-il pas d'être beau, de pouvoir se taire et d'être payé pour cela? Je parie que les millions de chômeurs français font ce rêve-là, eux aussi.