La Formule 1, c'est ennuyeux. Très ennuyeux. La preuve, nous sommes des centaines de millions d'experts à le vérifier plus de quinze dimanches par année. Hier, on était à Spa-Francorchamps. Un endroit connu pour sa pluie. Spa-Francorchamps, c'est un circuit d'hommes. A cause du courage qu'il faut pour aborder à fond des courbes sans visibilité. Alors, avec la pluie, vous pensez! A la fin, ce sont les mêmes pilotes qui gagnent. Cette fois, ce fut Hakkinen. Scénario immuable: départ, touchettes, quelques tête-à-queue, ravitaillements (oh, la performance des mécanos; sans eux, il n'y a pas de victoire possible!). Les meilleurs sont devant, par conséquent les moins bons sont derrière, quant aux autres, ils ont abandonné. Chaque dimanche, l'une des rares actions spectaculaires se déroule pendant la pub. Et chaque dimanche, on voit apparaître à l'image, vers la mi-course, l'épouse de Mika Hakkinen suivie par une caméra indiscrète dans le stand des McLaren. Elle est belle, l'épouse; elle est convenable, avec ses cheveux bien tirés; elle a les yeux rivés sur les écrans de contrôle, et les mains serrées sur sa jolie poitrine. Madame Hakkinen n'est pas une pouffiasse de circuit automobile avec des cheveux décolorés et du rouge à lèvres en excès. Elle a la classe, la classe Formule 1. La tension monte. Une ombre passe sur son visage. Plus tard, c'est un pâle sourire. Elle est un contrepoint discret à la furie des moteurs. Elle applaudit sagement la victoire de Mika sans déranger sa coiffure. Alors, heureuse?