Recevant un groupe de 18 journalistes étrangers à Downing Street après une longue conversation téléphonique avec Barack Obama lundi soir, Gordon Brown lance une opération séduction à huit jours du sommet du G20 à Londres. Le premier ministre sait qu’il joue gros, ne serait-ce que pour redresser sa cote de popularité, qui demeure très basse en Grande-Bretagne. Mais à une semaine du 2 avril, un accord possible reste très flou. Gordon Brown tient d’ailleurs à relativiser le sommet, estimant qu’il ne s’agit que d’une «étape».

Pour tenter d’arracher un consensus, il est parti mardi pour quatre jours d’une tournée frénétique qui débutera par un discours au Parlement européen à Strasbourg, avant de partir ce mercredi pour New York, où il rencontrera la communauté d’affaires ainsi que le secrétaire général des Nations unies, avant de passer deux jours en Amérique latine. Il ira notamment au Brésil et au Chili.

Mais les points de divergence du G20 restent nombreux. Même sur la réforme du FMI – une hausse de ses ressources financée par la Chine et l’Inde en échange d’une hausse de leurs droits de vote dans l’institution –, un accord final n’a pas encore été trouvé. Gordon Brown se dit cependant optimiste: «Je crois que certains pays sont prêts à augmenter leur financement», affirme-t-il.

Autre point de divergence: les Européens ne sont pas prêts à augmenter le montant de leurs plans de relance, contrairement à ce que veulent les Américains. Mais Gordon Brown souligne qu’une solution pourrait être trouvée en soutenant les crédits à l’exportation.

Selon lui, le symbole de la réunion est presque aussi important que les décisions concrètes, «le vrai test est de montrer que nous pouvons travailler ensemble». Il lui reste huit jours pour y arriver.