Identifier les cris d’oiseau, comme sur Shazam

Logiciel Une application pour reconnaître le chant des volatiles pourrait voir le jour

Une petite balade en forêt. Et ce petit twiiiitibidibidibidi twiiitibidibidibidi. Mais quel oiseau se cache derrière ce cri? Même si vous n’avez pas été élevé par des loups, il sera peut-être bientôt super-facile de reconnaître en un instant que c’est bien une minuscule mésange bleue qui fait tout ce raffut. Comment? Grâce à une appli installée sur votre smartphone, à la façon de Shazam, l’application qui identifie les morceaux de musique.

Plusieurs tentatives ont déjà eu lieu, et on trouve sur iTunes la britannique Bird Song ID qui assure identifier l’enregistrement d’un chant d’oiseau si celui-ci est effectué proche de l’animal et dure au moins trente secondes. Le dernier essai en date s’appelle Warblr («fauvette») et est aussi destiné à l’écosystème britannique.

L’application est en cours de développement grâce à une bourse de l’Université Queen Mary de Londres (QMUL). Testé par la BBC, le prototype de l’application n’a pas réussi à identifier le volatile du premier coup.

Cent espèces déjà analysées

«C’est vraiment très difficile de reconnaître automatiquement un oiseau en particulier, de quelle espèce il s’agit, parce qu’une seule espèce peut faire des bruits différents selon le moment de la journée, l’âge de l’oiseau ou s’il est en période de reproduction», a expliqué à la BBC Dan Stowell, expert en sciences naturelles à l’origine du logiciel derrière l’application, qui a analysé le chant de centaines d’oiseaux.

Appel de fonds

Mais il y a encore du boulot, et pour que l’appli puisse un jour reconnaître les 88 espèces les plus répandues au Royaume-Uni et commencer à s’intéresser au reste du monde, la start-up demande aux internautes de mettre la main à la poche et a lancé une levée de fonds participative de 50 000 livres sterling (soit plus de 76 000 francs) via la plateforme Kickstarter.

Du coup, le projet semble pour le moment plus abouti sur le terrain du marketing – «Rapprochons les hommes de la nature avec la technologie» – que sur celui de la technique. Il promet aussi que la centralisation des données permettra une cartographie précise des espèces identifiées et donc de mieux les protéger.

En France, un projet similaire, baptisé Birdify et financé par la région Aquitaine, est en cours de développement, mais semble avoir pris du retard. Bref, il va encore falloir attendre un peu pour shazamer dans son jardin.