Depuis quelques mois, on ne riait plus, ou moins, au spectacle des Guignols sur Canal+. On n'en retrouvait plus l'ironie, le piquant et la verve d'antan. Ni nous, ni des centaines de milliers de téléspectateurs qui à cette heure-là ont souvent filé sur France 2 pour le délirant Un gars, une fille qui fait un carton… La série culte du moment!

Mais voilà, comme à l'accoutumée, les Guignols de l'info retrouvent de la verve à l'approche de chaque élection. Et à trois jours des municipales, et plus encore au lendemain de la mortifiante défaite du PSG – tête de turc des Guignols – on se réjouissait de passer quelques minutes sur Canal. Et on ne fut point déçu. Un coup de griffe supplémentaire au PSG, un vrai-faux débat entre Bernadette Chirac qui s'émancipe toujours plus de son mari, transformé en un macho suffisant: «Moi, je suis un pionnier de la parité: ma fille au boulot et ma femme au ménage» et la visite du footballeur au crâne lisse Fabien Barthez qui passe par là «juste pour dire une connerie» (avec l'accent du Midi S.V.P.). Mais la trouvaille de la semaine des Guignols, c'est le détournement de la loi sur les sondages. En France, rappelons-le, les médias ont l'interdiction dans les huit jours qui précèdent une élection de faire état des enquêtes d'opinion. Les chiffres existent, «mais on n'a pas le droit de les dire» se gaussent les Guignols. Alors, mine de rien, on détourne la difficulté en annonçant comme hier qu'il «y a encore 32,3 dents dans la bouche de Séguin, 47,4 cravates dans la penderie de Delanoë et que Tiberi n'a plus que 11 de tension». Subtil, non?