Canon Selphy CP910

Balade familiale, vacances entre amis ou repas gastronomique; chacun canarde avec son smartphone, avide de préserver un joli moment pour l’éternité. Ensuite? Souvent rien: les images dorment dans l’album du téléphone, réveillées de temps à autre par un doigt gesticulant. Parfois, on les envoie par courrier électronique aux protagonistes du souvenir ou à leurs proches. Plus rarement, on les imprime, reléguées qu’elles sont par d’autres photographies aussi vite prises et aussi vite oubliées. Et l’on se prend ­à rêver du bon vieux Polaroid, qui permettait à chacun de repartir avec son cliché-souvenir. C’est un peu la fonction des imprimantes pour smartphones, dont certaines sont si compactes qu’elles tiennent dans une poche de veste.

Le Temps a testé trois modèles, prêtés par les marques ou Digitec.

■1 Canon Selphy CP910

810g. Env. 90 francs. 36 feuilles de papier 10 x 15 cm et une cartouche d’encre pour 19 francs environ. Compatibles avec smartphones, tablettes et périphériques iOS, Android et Windows RT.

C’est la plus imposante, de la taille d’un kilo de sucre en morceaux environ. Le mode d’emploi tient du petit livre; il faut brancher l’appareil et régler le langage de l’écran, installer encre et papier. La connexion entre imprimante et téléphone se fait via Wi-Fi, après avoir tapé un mot de passe fourni par l’imprimante. On peut également insérer directement la carte mémoire d’un appareil photographique. Une fois téléchargée – gratuitement – l’application Canon Easy-PhotoPrint, il est possible de prendre une photographie ou d’en choisir une dans l’album du téléphone, ainsi que d’imprimer un document numérisé. On ne peut retoucher l’image, mais seulement y adjoindre une bordure, ce qui évite les coupes dans la marge du cliché. L’impression est relativement longue parce qu’elle se fait couleur par couleur. Le rendu est plutôt bon, bien qu’inférieur à un tirage réalisé chez un professionnel. La matière est perceptible, les couleurs vives

Les +

– Bonne qualité d’impression

– Format carte postale, avec emplacement pour le timbre et l’adresse au dos

– Possibilité de lancer plusieurs impressions à la fois

– Le prix

Les –

– La taille

– Nécessite une prise de courant

– Impossibilité de retoucher les images

– Impression relativement longue

■ 2 XSories Pixsprint

382 g. Compatible smartphones et tablettes iOS et Android. Livrée avec une cartouche d’encre et dix feuilles de papier.

Environ 150 francs. Trois emballages de 10 feuilles 5,4 x 8,6 cm et leurs trois cartouches d’encre pour 20 francs environ

Aussi petite que sa concurrente Fujifilm, seulement un peu plus lourde. La Pixsprint fonctionne grâce à une batterie qu’il faut charger durant 1h30 environ, y compris avant la première utilisation. Encre et papier s’installent facilement. Le téléchargement de l’application Pringo nécessite d’ouvrir un compte, de lire et valider des conditions générales d’utilisation extrêmement longues. Là encore, on peut prendre directement une photographie ou accéder à l’album du smartphone, ainsi qu’au cloud de l’utilisateur. Le menu principal permet aussi d’acheter des motifs. Parce que c’est là que réside l’originalité de cette application; outre les filtres traditionnels et la possibilité de régler luminosité, contraste, saturation, etc., elle propose d’ajouter des «autocollants» sur le cliché. Un fond de poussins jaunes ou de têtes de mort, une multitude de cœurs ou d’étoiles, un texte personnalisé ou de circonstance (I love U, Merry Christmas, Happy Birthday…), un code QR, une bordure dorée, etc. Une mise en page «carte de visite» est disponible, comme un copier-coller de différentes images. Les possibilités semblent infinies mais le fonctionnement de l’application n’est pas toujours très intuitif. L’impression déclenche une vidéo et une musique pop assez pénibles. Le tirage est relativement long, puisqu’il se fait couleur par couleur, en cinq passages. Le rendu est meilleur que celui de la Fujifilm, moins bon que celui de la Canon. Les contours sont plutôt nets, les couleurs respectées. En revanche, l’impression laisse des traits horizontaux sur l’image, qui apparaît rabotée de chaque côté.

Les +

– La petite taille de l’imprimante

– Le format du papier

– Le côté petits cœurs et gadget, si l’on a des enfants à la maison

– Fonctionne avec une batterie

Les –

– La qualité de l’impression

– Le coût de l’appareil

– La première utilisation nécessite une batterie rechargée

3 Fujifilm Instax Share SP-1

253 grammes. Env. 144 francs. 20 feuilles de papier 6,2 x 4,6 cm pour 26 francs environ.Compatible iPhone et téléphones Android. Livrée avec piles.

Très compacte, au format livre de poche, elle fonctionne avec deux piles. Le mode d’emploi tient sur une page, mais les indications concernant le mot de passe de l’imprimante manquent de clarté. Deuxième couac, l’application téléchargée – Instax Share – ne parvient pas à accéder aux images du smartphone utilisé pour le test. Nouvelle tentative avec un autre téléphone, cela fonctionne. L’application permet également de prendre une photographie ou d’en importer depuis les réseaux sociaux. Une fois choisi, le cliché peut être retourné, zoomé ou dézoomé. On peut ajouter un filtre censé améliorer la luminosité de l’image, la convertir en noir et blanc ou en sépia. Plusieurs mises en page sont proposées, permettant d’insérer du texte. L’impression est très rapide, en une seule fois. L’image apparaît ensuite en plusieurs secondes, façon Polaroid – mais dans un format rectangulaire. La qualité est très moyenne, les contours moins nets, les couleurs moins vives. L’imprimante s’éteint toute seule après un moment d’inaction.

Les +

– La taille ultra-compacte

– Le format du papier, comme une carte de crédit à glisser dans le téléphone

– La vitesse d’impression

– Le procédé et le format Polaroid, pour les nostalgiques et le côté ludique

– L’encre est insérée directement dans le papier

Les –

– Fonctionne avec des piles

– Prix du papier et de l’appareil

– Qualité d’impression très moyenne

Les images imprimées par l’imprimante de Fujifilm, celle de Canon, et celle de XSories. (DR)