Match nul en Corée du Sud, défaite aux Etats-Unis, victoire au Japon. En une semaine, Samsung aura connu tous les verdicts dans ses procès l’opposant à Apple. Attaqué au niveau mondial par la firme de Tim Cook pour violation de ses brevets, le groupe sud-coréen n’affiche aucune nervosité. Les chiffres parlent pour Samsung, lui qui a vendu deux fois plus de téléphones multifonctions – les smartphones – qu’Apple. Le combat en justice de la marque à la pomme, s’il peut paraître légitime, ne semble pas moins perdu d’avance. Car, derrière Samsung, tous les fabricants de téléphones – les moribonds Nokia et BlackBerry exceptés – misent désormais tout sur Android, le système de Google qu’Apple vise au travers de Samsung.

Ce sont des innovations légères, parfois insignifiantes – via de nouvelles fonctions et des formes de téléphones inédites – qui poussent désormais ces fabricants vers les sommets. Une taille d’écran plus importante, des matériaux plus légers, des angles plus arrondis ou au contraire plus durs. Il est fascinant de constater à quelle vitesse les modes changent – ce qui était «cool» hier ne l’est plus aujourd’hui. Et cette définition du «cool» dépend presque autant des appareils en eux-mêmes que de la puissance du marketing qui les met en avant.

Notre vision de Suisse – où Apple est le chéri des médias et des consommateurs peu regardants à la dépense dans ce domaine – est trompeuse. Apple détient plus de 60% du marché des smartphones dans notre pays. Mais, au niveau mondial, Android devient un géant.

Autant dire que la pression sur Apple est immense. Le futur iPhone, dont la présentation semble imminente, ne devra pas décevoir, sous peine de perdre rapidement des parts de marché. Génial inventeur en 2007, seulement, du smartphone utile et si facile à utiliser, la marque à la pomme est déjà dans les cordes. Il faut espérer qu’Apple, en panne d’idées depuis plus d’une année, relève la tête en termes d’innovation. Sinon, la mainmise de Google sur un secteur aussi crucial que la téléphonie n’en sera que plus importante encore. Avec le risque, déjà, d’offrir moins de choix aux consommateurs.