La Suisse n'a pas, à ma maigre connaissance en la matière, de sous-marin nucléaire, en tout cas elle ne semble pas en détenir d'images. C'est peut-être là une explication à la manière désincarnée dont le téléjournal romand a couvert hier soir la tragédie du Koursk. Certes, les très rares images du sous-marin russe n'ont permis aux chaînes françaises aussi de ne montrer que le dos sombre de ce monstre à moitié immergé. Mais la France a l'avantage de posséder un sous-marin nommé Saphir qui fait ou en tout cas laisse filmer les exercices de sauvetage imposés à ses marins. Tf1 et F2 ont pu donc commenter le drame du Koursk en montrant l'intérieur d'un tel navire, en donnant corps aux équipements et compartiments de survie, et surtout en montrant des hommes à bord!

Par ailleurs, calquant ses prévisions sur les mesures prévues en pareil cas en France, l'ancien commandant de sous-marin qui parlait sur F2 s'est montré incroyablement optimiste à côté du professeur zurichois ès stratégies Stahel interviewé par la TSR. Sept jours de survie possible et pas de pollution à craindre pour l'officier de marine français, quelques heures à peine pour agir et pollution évidente à court terme pour le stratège zurichois: le silence terrible émanant d'une coque immobile à cent mètres sous la mer rendait visiblement toute analyse médiatisée très difficile.