La retransmission en direct, hier soir sur Arte, de La Damnation de Faust mise en scène par la Fura dels Baus, à Salzbourg, était bien une gageure, comme le craignait notre confrère Alain Perroux (cf. Le Temps d'hier). Est-ce la télévision qui a montré ses limites dans son interprétation de ce spectacle, le privant de souffle par son rythme mal adapté et trop de plans rapprochés sur les principaux protagonistes? La mise en scène de la Fura dels Baus méritait un traitement télévisuel plus large, calme et généreux, qui fasse sentir l'ampleur des mouvements et la subtilité des lumières. Le cadre du spectacle, un manège taillé dans la roche, méritait certainement, lui aussi, qu'on nous fasse davantage palper sa substance et son espace bien particuliers.

Les contraintes du direct ont par ailleurs, hélas, obligé Arte à meubler l'entracte: un reportage, zapping promotionnel désagréablement rapide et enjoué, sur le festival de Salzbourg. Cet entremets nous a replongé dans un style journalistique qui n'avait rien à faire là. La Damnation de la Fura dels Baus méritait de toute évidence d'être différée, le direct censé soutenir l'événement l'a desservie.