C'est comme la première feuille du marronnier de Genève qu'on signale chaque année aux habitants de la Rade: l'Office fédéral des statistiques et les médias reviennent périodiquement sur le nombre de chômeurs que compte la Suisse. Actuellement, il ne fait que diminuer, ce nombre, encore un petit 2%, plus de quoi nourrir un débat. Mais le politiquement et médiatiquement correct semble obliger la Télévision suisse romande à assortir systématiquement l'annonce de la baisse du nombre des chômeurs suisses d'une réflexion sur la «face d'ombre» de cette nouvelle en soi réjouissante. Romaine Jean n'a donc pas manqué de le faire en présentant hier soir au Téléjournal les dernières statistiques en date. Jusqu'ici, l'économiste invité parlait de préférence des emplois précaires. Hier, le professeur Yves Flückiger a évoqué la hausse du «seuil incompressible» du nombre des chômeurs: hier quelques milliers, aujourd'hui 70 000, demain, lors de l'inévitable prochaine récession, encore plus. Alors quoi, avait-on envie de demander au spécialiste, que faire contre cette hausse implacable, comment l'éviter, comment la limiter? Mais non, rien, Romaine Jean s'est bornée à remercier son invité: le Téléjournal avait fait son devoir en évoquant brièvement les oubliés de la prospérité économique. On n'est donc pas allé plus loin. Dommage.