Mise au Point nous offrait hier soir un nouveau «reportage» sur la pilule miracle Viagra. Un brin tard peut-être pour l'actualité mais qu'est-ce que l'actualité pour un sujet aussi porteur... Hier, les femmes avaient la parole : il y eut donc une psychologue et une dessinatrice croqueuse de relations de couple, Albertine, qui nous offrit un nombre impressionnant de zizis dressés sur papier blanc. Il y eut encore Claude-Inga Barbey admise depuis quelque temps dans le panthéon des Romandes interviewables en toute circonstance. Il y eut enfin le groupe de jeunes féministes dites «Bad Girls» et une prostituée plutôt chic dans sa robe léopard. Cette dernière était là pour tenir un discours de type économique «l'action lente de la pilule rend la passe chère et donc inaccessible à notre clientèle».

Pour le reste, le message du reportage, clamé en chœur, était : «Nous les femmes, la virilité au kilomètre, on n'en a rien à faire. Au lit, on veut de la tendresse et de grands rires partagés, les hommes n'ont encore rien compris.» Bref, le message féministe clamé dès 68, sonorisé soft en 98.

Ce chœur-là reflétait certainement le point de vue de Mise au Point, émission évoluée et éclairée, mais certainement pas celui de la grande «masse des femmes». Cette grande masse qui continue, j'ose l'affirmer au risque de passer pour une dinosaure égarée, à aimer qu'au lit, l'homme soit homme aussi et pas seulement ourson prêt à d'infinis câlins. Aïe, c'est dit...