Comme prévu, hier presque toutes les issues télévisuelles étaient bloquées. Pas un magazine politique ou culturel rescapé: après Zig Zag café à midi, Temps présent et Faxculture le soir, le foot faisait même la soirée d'Arte. Quant au TJ, Dieu qu'il paraissait pâlot juste après le match Chili-Italie. Cinq cents victimes d'un ouragan en Inde, d'inquiétantes pollutions radioactives par ici? Les nouvelles défilaient et ne se ressemblaient pas, avec encore plus de monotonie que d'habitude.

Chili-Italie… Ah ces gros plans sur le visage torturé des joueurs plaqués au sol, ah les ralentis qui détaillent de superbes coups de tête, ah ces séquences rediffusées en fin de match, qui montrent de quoi fulminer avec Gabet Chapuisat sur le penalty trop complaisant accordé aux Italiens.

En une heure de football sur écran, même le téléspectateur le plus réfractaire apprend à son corps défendant à mieux regarder ce qui enflamme la planète. Etonnant comme on en vient vite à s'indigner avec le commentateur de «l'indigence dans la construction du jeu italien» tout en lui concédant quelques «ballons tout en subtilité».

Un acquis investi tout naturellement dans le match suivant, Autriche-Cameroun. Déjà, les équipes marmonnent leur hymne national, déjà les commentateurs commentent quand tombe le délai rédactionnel imparti à cette chronique. Désolée pour les fans de nos fines analyses sportives.