« […] Le Trœlladinger […] n’en est pas à ses débuts. Sa première éruption connue eut lieu en 1151, une année avant l’avènement de Frédéric Barberousse; la seconde, en 1188, deux années avant sa mort; la troisième, en 1340; la quatrième, en 1359; une cinquième en 1475, au temps de Charles le Téméraire, et la dernière connue, en 1510, ce qui prouve que l’on ne peut jamais dire un volcan éteint. Cette année 1510, qui fut exempte de secousses de tremblements de terre, vit en revanche une éruption de l’Hécla, la sixième éruption du Trœlladinger et une de l’Herdubreid, cratère situé à 19 milles nautiques au sud-est de Trœlladinger. Une période de calme succéda à cette activité; puis les tremblements de terre se signalèrent de nouveau les années 1552, 1154 et 1578.

Le Myvatn, […] le point d’où l’éruption actuelle est observée, est dans le nord de l’Islande un lac (vatn) dont l’étendue égale celle du lac de Bienne, et au sud duquel une nappe de laves de 40 milles nautiques de longueur couvre une surface égale à celle du canton de Vaud. Sur ce désert, nommé Hodada Hraun, trônent deux volcans confondus sous le nom de Trœlladinger, mais distingués, celui du Nord, par le nom de Dyngiufiöl, et celui qui est à 25 milles plus au Sud, par le nom de Skalbreid. Les derniers renseignements donnés […] indiquent que c’est le premier, c’est-à-dire le plus septentrional de ces deux cratères, qui est actuellement en éruption.

Quant aux vallées et aux fiords sur lesquels s’étend la nappe des cendres vomies par l’éruption, elles embrassent tout le quartier nord-est de l’Islande, dont la Reydarfiord et la Seidisfiord forment les extrémités orientales, tandis que les deux Tœkulsaadal et la Flœtsdal, plus à l’Est, sont les cours d’eau les plus considérables de l’île, la première Tokulsaa […] n’ayant pas moins de 100 milles de cours.

L’exemple des éruptions des Myrdaal, de la Kotlogya et du Skaptar autorise à supposer que les renseignements déjà parvenus en Europe ne sont pas les derniers. […] »