vie numérique

Vous, ivre sur Facebook: plus jamais (peut-être)

Facebook travaille à une fonctionnalité de son site qui voudrait prévenir la publication de photos de personnes très imbibées pour protéger leur image…

Imaginez. Vous sortez d’une bonne soirée entre amis, un peu déguisée, un peu arrosée. Ou d’une fête de Noël dans votre entreprise – c’est la saison. Ou vous avez un peu trop bu tout seul, dans l’illusion de faire passer une déception. Vous contemplez vos amis, ou vous regardez dans une glace – incroyable, cette tête. Alors vous sortez le smartphone, meilleur compagnon de vos jours et de vos nuits, et – toc c’est dans la boîte. Quelques clics plus loin – c’est sur Facebook. Et déjà les «likes» et les commentaires affluent – c’était rudement bien cette soirée. Qu’est-ce que tu es drôle.

Ou pas. Car au moment d’appuyer sur «Partager», l’image de votre mère, ou celle de votre patron, se surimpose tout à coup. «Hum. Ce message va devenir public. Avez-vous vraiment envie que ces deux personnes presque les plus importantes de votre vie vous voient dans cet état?» Tout d’un coup vous revenez à la raison. Et vous annulez.

Voilà le dernier service que Facebook veut offrir à son 1,350 milliard d’utilisateurs – enfin, bientôt. Le plus puissant réseau social du monde travaille à la mise en place d’un assistant numérique, qui en utilisant la reconnaissance faciale combinée à de l’intelligence artificielle pourrait vérifier si vous êtes dans votre état normal. Si ce n’est pas le cas, il afficherait immédiatement un message d’alerte – «Etes-vous sûr de vouloir que votre mère et votre patron voient ça». Après, à vous de décider…

C’est Yann LeCun, le chercheur en intelligence artificielle français embauché il y a un an par Facebook à la tête de son nouveau laboratoire d’intelligence artificielle, qui a annoncé, dans un entretien au magazine tech Wired, travailler à la mise en place d’un assistant personnel numérique, qui pourrait servir d ’intermédiaire entre le monde et vous, entre la machine et vous. Une avancée qui ne serait pas hors de portée, faisant appel aux algorithmes et aux techniques déjà utilisées de reconnaissance des visages d’amis dans vos photos.

A ceux qui protesteraient déjà contre l’intrusion d’un tiers qui me suggère déjà des recherches dans Google et qui pourrait biaiser les résultats, Yann LeCun répond qu’au contraire, le «deep learning» va servir à mieux maîtriser son image sur le Net. L’assistant personnel pourrait ainsi par exemple vous prévenir quand une photo de vous est postée par un tiers, ce qui vous permettrait d’intervenir pour accepter ou non sa publication. Un contrôleur de votre vie privée, en quelque sorte. La question restant toujours: qui contrôle le contrôleur... Après tout, le «deep learning» est d’abord destiné à mieux connaître les utilisateurs de Facebook pour leur proposer des publicités mieux ciblées, mieux intégrées et donc mieux acceptées.

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