PRESSE

Jacques Poget, son projet pour «24 heures»

Après seize ans passés chez Ringier, le journaliste a été nommé à la tête du vaisseau amiral d'Edipresse

Les collaborateurs de 24 heures ont appris hier avec surprise le nom de leur nouveau capitaine. C'est Jacques Poget, 53 ans, qui a été choisi par le groupe Edipresse (coéditeur du Temps) pour diriger la rédaction du quotidien vaudois. L'actuel rédacteur en chef adjoint de L'Hebdo prendra ses nouvelles fonctions dans le courant de l'été, en remplacement de Gian Pozzy qui avait annoncé son départ en janvier (lire notre édition d'hier).

Jacques Poget quitte donc Ringier, mais conserve le même supérieur hiérarchique puisque Théo Bouchat vient lui aussi d'abandonner le groupe zurichois pour rejoindre Edipresse, dont il dirige désormais les publications suisses. Les deux hommes ont longtemps travaillé ensemble aux commandes de L'Illustré. Ils auront pour tâche de redynamiser et d'assouplir le fonctionnement du vénérable quotidien vaudois. Ce projet de remodelage de 24 heures ne date pas d'hier. Une task force a déjà été mise en place dans cette perspective. Elle doit rendre son rapport à la fin mai. Au sein de la rédaction lausannoise, on se demande aujourd'hui si Jacques Poget sera l'homme qui saura secouer les structures du journal

Le Temps: Votre projet est-il de bousculer l'inertie de «24 heures»?

Jacques Poget: Oui, c'est pour cela que j'ai été engagé. Il s'agit de relancer le journal. Je devrai jouer un rôle d'animation, qui s'inscrira dans le sens défini par le groupe de travail. C'est cela qui m'a intéressé dans ce poste.

– Comment allez-vous vous y prendre?

– Je devrai notamment créer une équipe, avec des apports de l'extérieur. Nous engagerons quelques personnes, pas beaucoup, mais quelques personnes tout de même pour apporter un peu de vent frais.

– On dit que vous arrivez «dans les bagages de Théo Bouchat». Cela vous dérange?

– Je ne peux rien faire là-contre. Mais je peux préciser que c'est Pierre Lamunière (patron d'Edipresse, n.d.l.r.) qui le premier a prononcé mon nom pour ce poste. Cela dit, je connais Théo Bouchat depuis vingt-cinq ans. Nous sommes amis et s'il n'avait pas été à la direction d'Edipresse, j'aurais sans doute considéré la question différemment. Sa présence est pour moi un gage d'indépendance et de soutien.

– Votre présence à «L'Hebdo» n'aura pas duré bien longtemps.

– Non, mais cette expérience m'aura permis d'ouvrir très largement l'éventail, de me plonger dans des dossiers que je ne pouvais pas traiter à L'Illustré. J'ai accepté la proposition d'Edipresse par envie de changement. C'est aussi un retour aux sources: j'avais effectué la moitié de mon stage à 24 heures au début des années 70.

– Votre projet pour «24 heures»?

– Je n'ai pas encore rencontré la rédaction, il m'est difficile d'en parler. Je mentionnerai la proximité, le service, mais surtout la notion de «filtre» des informations de la métropole. La région de Lausanne à Genève est devenue une vaste métropole. Il suffit de voir ce qui se passe dans le domaine hospitalier, les frontières cantonales s'estompent. Sans pour autant négliger l'arrière-pays, 24 heures devra traduire cet esprit citoyen, en travaillant en bonne intelligence avec la Tribune de Genève. Il y aura sans doute beaucoup de travail.

Propos recueillis par Pierre Grosjean

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