J’ai essayé d’imprimer un hippopotame en 3D

L’imprimante 3D est là, posée à gauche de mon ordinateur. Semblable à une grande machine à café, pesant 4,3 kilos, elle a été la première à avoir été commercialisée en grande surface en Suisse. Manor vend en effet le modèle Cube 2, fabriqué par la société américaine 3D Systems, depuis ce printemps. La machine, qui coûte 1799 francs, est aussi en vente en ligne chez ComputerWorks. La Cube 2 n’est pas l’imprimante la plus récente lancée par 3D Systems, puisque la troisième génération vient d’être lancée. Elle est néanmoins toujours commercialisée et donne un bon aperçu des possibilités d’une imprimante 3D.

Modèles sur Internet

Une fois l’imprimante déballée, il faut clipper une cartouche à sa gauche. Semblable à une bobine de fil, c’est elle qui va fournir la matière première (du plastique PLA) pour créer des objets, de 14 centimètres de grandeur maximum sur cette imprimante. Ensuite, la connexion au réseau Wi-Fi et à l’ordinateur s’avère des plus délicates. L’écran tactile de l’imprimante est très mal conçu et y inscrire le mot de passe de son réseau Wi-Fi relève de l’exploit. Quant à la connexion par câble USB avec le PC, elle ne fonctionne simplement pas, de manière inexplicable. Finalement, l’ordinateur parvient à se connecter au réseau Wi-Fi de l’imprimante pour lui transmettre le plan des objets à imprimer. Mais la connexion est des plus instables, et le transfert des fichiers est parfois brutalement interrompu.

Ensuite, quel objet imprimer? L’utilisateur a le choix: il peut dessiner lui-même un objet via le logiciel (très basique) fourni, ou utiliser l’un des modèles fournis sur une clé USB, ou en télécharger un via Internet. Optons d’abord pour le troisième choix. En cherchant un peu sur le Web des fichiers au format STL, j’en trouve un de figurine d’hippopotame. Je l’ouvre facilement avec le logiciel fourni par 3D Systems puis clique sur «imprimer». Le fichier est transféré en trois minutes sur la Cube 2, qui se met à faire beaucoup de bruit. L’imprimante se prépare en effet en chauffant le plastique. Sur son écran, il est écrit que l’impression durera 2h50.

Ensuite, la plaquette de verre monte juste sous la buse de l’imprimante et le travail démarre. Les débuts sont prometteurs. L’imprimante travaille par couche et colle en quelque sorte les premières lignes de plastique vert, les unes sur les autres. Soudain, un bruit. Le fil de plastique a cassé entre la pelote et l’imprimante. Il faut alors plusieurs minutes pour retirer le bout restant, insérer la suite du fil et redémarrer les opérations.

L’impression est alors précise et rapide, et les pattes arrière de l’hippopotame commencent à prendre forme. Hélas, d’un coup, la pièce se détache de la plaque de verre, ce qui rend la suite de l’impression impossible. C’est de ma faute, je m’en rendrai compte plus tard: je n’ai pas humecté la plaque de verre avec le tube de colle fourni avec la machine. Ce n’est qu’ainsi que la pièce peut adhérer totalement à la plaque. Là, mon hippopotame ne ressemble à rien.

Plastique fondu

Nullement découragé, je cherche alors un objet sur la clé USB et opte pour un objet plus simple: une baguette en plastique avec un cercle pour souffler des bulles. Mais, là aussi, c’est rapidement l’échec. Malgré la colle, les premières lignes de plastique n’adhèrent pas et la buse est salie par le plastique fondu. Il faudra de longues minutes pour la nettoyer.

Bref, des débuts difficiles. Les nouvelles générations d’imprimante sont certainement plus performantes, mais les utiliser demande beaucoup de patience et d’essais infructueux. Car j’ai retrouvé, au fond du carton de l’imprimante, une figurine de tourelle et une autre de maison très bien conçues avec cette imprimante. Comme quoi, c’est possible.