Non, les fabricants de jeux vidéo ne sont pas tous des vendeurs de rêves. Le quatrième opus de la course de voiture Gran Turismo, sorti ce mois en Suisse, balaie le cliché. Son créneau, c'est le réalisme poussé à l'extrême. Aux pilotes de salon qui souhaitent se mettre aux commandes de bolides extravagants, Gran Turismo 4 (GT4) propose de vieilles casseroles d'occasion. Une Honda Civic de 1988, une Fiat Panda affichant 80 000 kilomètres: impossible de s'offrir mieux en début de partie. Et avant de disputer des courses, le joueur se doit de réussir l'épreuve fastidieuse du permis de conduire. Ce style hyperréaliste fait mouche: plus d'un million d'exemplaires du titre ont été vendus au Japon depuis sa sortie fin décembre. Cela place la série Gran Turismo, dont le premier épisode date de 1998, parmi les jeux de console les plus rentables.

Gran Turismo 4 est donc une simulation exigeante. La conduite de véhicules réels est reproduite avec le plus grand sérieux sur la console PlayStation 2. C'est le grand point fort du titre, qui propose plus de 700 modèles, toutes marques confondues, de la Ford T de 1915 au dernier prototype Mazda. «Pour chacun, les programmeurs intègrent les caractéristiques spécifiques de la voiture au jeu: ses dimensions, son poids, la configuration de son moteur et sa puissance», explique Kazunori Yamauchi, créateur du jeu désormais à la tête d'une équipe de 70 personnes. Cette méthode de travail assure au joueur un pilotage sur console très proche de la conduite réelle.

Le déroulement d'une partie – plus de 150 heures de jeu garanties – se fait aussi sur le mode hyperréaliste. Avant de conduire la voiture de ses rêves, il faut remporter des épreuves de seconde zone avec un véhicule quelconque. Cela permet d'amasser un peu d'argent, de changer une pièce pour gagner un peu de puissance (le «tuning» est une part importante de GT4). On pourra ainsi finir premier d'une course à la dotation suffisante pour acheter un vrai bolide. Et ainsi de suite jusqu'aux compétitions au niveau d'exigence le plus démesuré: les dernières durent 24 heures sans qu'aucune sauvegarde ne soit autorisée.

Accidents sans conséquences

GT4 est presque parfait. Les puristes lui reprochent une intelligence artificielle limitée. Les voitures adverses ne s'écarteront jamais de leur route préprogrammée même si le joueur se trouve sur leur passage. Autre faille: les accidents n'ont pas d'impact sur l'état de la carrosserie. Il reste donc une marge de progression pour le prochain épisode qui s'approchera encore un peu plus de la réalité.