Metal Gear Solid 3, Snake Eater (PlayStation 2)

Avec ce dernier volet de la trilogie Metal Gear, le célèbre créateur nippon Hideo Kojima atteint une forme de perfection. Dans ce jeu d'infiltration, illustre inspirateur d'un genre très en vogue, la qualité artistique laisse pantois d'admiration. Reprenant le concept du deuxième épisode, «Snake Eater» évite les errements reprochés à son prédécesseur, à savoir des cinématiques trop longues et trop nombreuses, qui gâchaient le plaisir procuré par l'aventure. Etait-ce encore un jeu, se demandait-on d'ailleurs.

Konami a donc rectifié le tir, par un dosage plus subtil entre les différentes phases de jeu, pour proposer une aventure réellement hors du commun. L'action prend place en 1964, en pleine Guerre froide, dans une jungle de Russie. Le décor tranche donc radicalement avec les environnements métalliques du deuxième épisode. L'aspect infiltration a été renforcé: véritable caméléon, Snake dispose d'une panoplie de tenues de camouflage pour se fondre en toutes circonstances dans son environnement. D'une richesse inégalée, le scénario réserve de nombreuses situations vraiment jubilatoires.

La seule réserve, et non des moindres, concerne la maniabilité et l'interface, qui commencent vraiment à dater. On peste ainsi contre ce héros qui échappe parfois à notre contrôle, selon les angles de caméra affichés (pas toujours judicieusement, d'ailleurs). Mais la magie opère néanmoins. Une œuvre magistrale.

Playboy: the Mansion (PlayStation 2)

Passer sa vie en robe de chambre, organiser des fêtes et photographier de plantureuses bimbos dénudées. Voilà, en substance, la vie alléchante proposée par «Playboy: the Mansion». Le joueur incarne Hugh Hefner, dit Hef, fondateur du célèbre magazine de charme, dans ce jeu de stratégie qui s'inspire largement des Sims. On débute donc au bas de l'échelle, avec pour mission de bâtir l'empire Playboy.

Le concept semblait attrayant. Hélas, le jeu n'a rien de palpitant. Il s'avère même extrêmement répétitif et limité, sans parler de la réalisation, juste moyenne. Afin d'assurer la parution mensuelle du magazine, Hef doit développer son réseau de relations en organisant des fêtes branchées dans son manoir ou autour de sa piscine. Chaque numéro nécessite une photo de couverture, une photo pour la page centrale, une interview de personnalité, ainsi que divers articles traitant de sujets variés. Pour ce faire, il s'agira d'embaucher des journalistes et des photographes, sans oublier de convaincre des célébrités de vous accorder du contenu. Sur ce dernier point, les interactions et dialogues sont extrêmement limités. Quelques secondes suffisent à convaincre de nouvelles amantes de partager votre libido. Un rien facile et monotone. Comme ces séances photos avec des playmates pudibondes qui, du reste, ne se dévêtissent jamais entièrement. En clair, l'envie s'estompe rapidement de pousser très loin la carrière de Hef.