Après l'orange pétant de Roland-Garros, voici le cadre moussu de Wimbledon. Et un changement radical d'ambiance pour le téléspectateur amateur de tennis: pas de pub agressive sur le court, pas de frime dans les tribunes, pas de plans appuyés sur les «people» de l'heure. A peine si la caméra, respectueuse de la «privacy» du public, caresse fugitivement le visage d'une fiancée ou celui d'un VIP. Il faut attendre la fin du match pour apprendre que la duchesse de Kent, la «marraine» du tournoi, est là. Et il suffit d'un «thank you» pour que les «groupies» d'un des joueurs fassent un silence absolu. La dramaturgie de la partie y gagne, la tension est par moments extrême, servie par la discrétion efficace du commentaire de Pascal Droz, le reporter de la TSR.

Mardi, le gentleman de la rencontre n'était pourtant pas le Britannique Tim Henman, mais bien l'Américain Jim Courier. Tim, teigneux, le poing levé à tout bout de champ, n'a même pas esquissé un sourire au moment de la victoire. Jim le pacifique, lui, avait assez de grâce pour le faire devant les mauvais tours que lui jouaient la chance… et un filet manifestement acquis à la cause de son adversaire. C'est tout juste s'il confiait sa contrariété dans un murmure à sa raquette. Et quelle classe dans l'acceptation d'un point combien litigieux en faveur de son adversaire! Extraordinaire révélateur de personnalité que le tennis! Le sombre Tim a peut-être gagné ce huitième de finale, mais c'est le charmant Jim qui l'emporte dans notre estime.