Quarante millions de pages consultées mensuellement, 110 000 Romands touchés chaque mois. Quatre ans après sa création, Virtual Network (VN) affiche des résultats toujours aussi insolents. En 1999, Stefan Renninger et Stéphane Pictet avaient flairé le bon filon en achetant les adresses Humour.com et Romandie.com. Avec respectivement 100 000 et 35 000 connexions quotidiennes, ils sont aujourd'hui parmi les sites les plus visités de leur catégorie. Et, surtout, des marques à la notoriété solidement établie. Les fondateurs de VN l'ont bien compris. Ils pourraient lancer, en 2003, une version papier de Romandie.com.

«Nous introduisons petit à petit de nouveaux services sur nos sites, mais la construction de leur ossature est terminée, explique Stefan Renninger. Nous voulons désormais exploiter au mieux le potentiel de nos marques.» Lancée en mai, l'idée d'un journal gratuit progresse. Il contiendrait avant tout des petites annonces. «Nous aimerions proposer, pour un montant compris entre 10 et 30 francs, de publier l'annonce sur le journal, mais aussi de mieux la mettre en valeur sur le Web, poursuit Stefan Renninger. Mais les annonces standard resteront gratuites sur notre site.»

Problème de facturation

Quelque 500 annonces sont postées chaque jour sur Romandie.com, qui en contient 10 000 en moyenne. VN estime que 10 à 20% de celles-ci migreront vers le journal. «Le lancement de la partie print pourrait également contribuer à une forte hausse des annonces postées sur ces deux supports», relève Stefan Renninger. Quant au nom du journal, VN pensait initialement à Romandie Market, mais songe à en trouver un autre suite à l'annonce du lancement de Market Magazine.

Pour l'heure, VN se heurte à deux écueils principaux: la distribution et la facturation. La société songe notamment à encarter son journal dans un magazine existant. Une alliance avec Hersant aurait-elle un sens? «Aucun commentaire», répond Stefan Renninger.

VN veut que le paiement des annonces sur papier s'effectue via dial SMS, comme c'est aujourd'hui le cas pour les services premium disponibles sur le Web. Il est ainsi possible de payer en effectuant un bref appel surfacturé, à un numéro spécial, pour recevoir ensuite un SMS surfacturé. Le hic, c'est que les trois opérateurs rechignent à accepter que leurs clients règlent des paiements de plusieurs dizaines de francs sur un SMS premium. «Aujourd'hui, la limite d'un appel facturé au décroché et de la réception d'un SMS est inférieure à 10 francs, regrette Stefan Renninger. Je comprends que les opérateurs craignent des abus avec des montants plus élevés, et j'espère qu'une solution plus sécurisée verra le jour au début de l'année prochaine.»