Un journaliste de la Tribune de Genève a été inculpé hier à Genève pour diffamation par le juge d'instruction Jean-Pierre Trembley. C'est suite à la parution, le 6 octobre 2001, d'un article intitulé «Un homme d'affaires ukrainien soupçonné de proxénétisme» qu'Omar Harfouch, via son avocat Jacques Barillon, avait déposé plainte. Ce dernier déclarait à l'époque des faits que les informateurs du journaliste avaient usé des «moyens et méthodes les plus vils» pour discréditer son client. En clair: des personnes avaient intérêt à salir

la réputation d'Omar Harfouch et ont trouvé un relais en la personne du journaliste inculpé selon l'avocat.

La plainte avait été classée mais après recours, le procureur avait ordonné une nouvelle instruction. Une procédure pénale commence avec l'inculpation d'hier. L'article incriminé est paru à un moment où l'homme d'affaires était en conflit avec les dirigeants de l'agence de mannequins Elite pour des raisons commerciales. Début septembre 2001, Elite adressait à plusieurs médias français une «lettre ouverte» dans laquelle elle promettait de révéler la «vraie personnalité» de son adversaire. Le document évoquait le témoignage d'un tenancier qui l'aurait reconnu comme membre d'un réseau de proxénétisme. Malgré cela, Omar Harfouch continue de faire des déclarations incendiaires sur Elite, notamment dans une émission diffusée sur France 2 le 8 octobre 2001.

De nombreux documents circulent à la même époque dans les rédactions françaises et romandes. Parmi eux, un procès-verbal d'audition d'un témoin qui accuse Omar Harfouch d'avoir servi de relais à des proxénètes parisiens. L'article de la Tribune de Genève reprenait ces informations. Ce procès-verbal présente cependant des anomalies (LT du 16 octobre 2001). Parmi elles, son en-tête qui porte la mention d'une «Brigade de répression du proxénétisme» basée à Nanterre, en région parisienne. Cette brigade est en réalité basée à Paris. Sur la base des informations contenues dans ce procès-verbal qu'on lui avait également soumis, une journaliste d'un quotidien français jointe hier avait tenté, en vain, de reconstituer les faits. Omar Harfouch est convaincu que le document est un faux, produit par Elite. Son contenu a apparemment convaincu le journaliste de la TG du contraire. Contactés hier, ni lui ni son avocat n'ont désiré s'exprimer.