«C'est une année contrastée que conclut la TSR.» Guillaume Chenevière, directeur de la Télévision suisse romande sur le départ, se voulait rassurant mardi à la conférence de presse qu'organisait la TSR sur les résultats de son audience en 2000. Parmi les tendances qui se dégagent de l'exercice: l'augmentation de la consommation télévisuelle dans son ensemble (161 minutes quotidiennes en 2000 contre 159 en 1999) et la baisse de la part de marché global de la TSR, qui s'établit à 32,2%. Un résultat conforme au chiffre moyen des dix dernières années mais en recul de 0,7% par rapport à 1999. Même constat du côté de sa part de marché quotidienne aux heures de «prime time». Les responsables de la chaîne amputent ce recul à la seule grille d'été, «que la campagne d'économies de la chaîne avait conduit à sous-doter», d'autant que les résultats des quatre derniers mois sont ainsi supérieurs à 1999. Autre «trend»: le rajeunissement du public. D'une part, la part de marché de la TSR dans la catégorie des «plus de 50 ans» subit une baisse et elle augmente légèrement auprès des 3-14 ans, d'autre part.

Les chiffres de cette année ne correspondent donc pas aux objectifs fixés par la direction générale de la SSR (33% de part de marché de moyenne quotidienne et 38% en «prime time»). «Le but n'est pas atteint à cause des mois d'été, insiste Raymond Vouillamoz, directeur des programmes. On ne peut pas attirer le public avec moins d'argent. La direction générale nous a aussi refusé les objectifs différenciés par tranche d'âge que nous défendions. Or, la diminution des parts de marché de la TSR ne concerne que des personnes qui n'intéressent pas les panels publicitaires.»

Remontée de TF1

L'année 2000 signe aussi le retour de la concurrente française TF1 qui avait passablement inquiété la TSR lors de sa privatisation et dont l'audience comparée était en baisse depuis dix ans. Raymond Vouillamoz explique cette avancée par l'introduction de Qui veut gagner des millions? et des «émissions people», telles Célébrités ou Y a pas photo. Pour faire face, la TSR planche sur une émission de deuxième partie de soirée en semaine, prévue pour l'automne 2001.

Le maintien de la chaîne romande malgré l'augmentation de l'offre télévisuelle (32 chaînes captées par les foyers romands en 2000 contre 10 en 1990) réside dans l'accroissement de son offre depuis l'introduction du deuxième canal. Ainsi, depuis sa création, TSR2 acquiert une part grandissante dans la répartition de l'audience. «La hausse des recettes publicitaires en 2000 devrait nous permettre de continuer à développer notre offre en 2001», souligne Guillaume Chenevière.

Nouvelle image

Pour 2000, la TSR s'est également offert une enquête d'image auprès du public, la deuxième depuis 1989. Si cette année-là la chaîne passait pour «une institution lourde, passive et rigide», elle s'est depuis «dynamisée, modernisée et rapprochée du téléspectateur». A preuve, rappellent ses responsables, dans le palmarès des mille émissions les plus regardées l'année dernière toutes chaînes confondues, la TSR en a placé 998. Le film Le dîner de cons obtient du reste le meilleur score jamais enregistré pour un long métrage (428 000 spectateurs) et le TJ Soir du 15 octobre à l'occasion des inondations en Valais affiche 528 000 personnes. Enfin, Titanic a permis à la TSR d'assurer une part de marché supérieure à 50% pendant plus de trois heures le 20 décembre.