«La proposition qui m'a été faite est de celles qu'il est difficile de refuser.» C'est en ces termes que Laurent Joffrin a expliqué lundi son départ aux collaborateurs de Libération. Le directeur de la rédaction s'en retourne au Nouvel Observateur pour y remplacer son homologue Bernard Guetta. Celui-ci a en effet démissionné la semaine dernière, suite à des divergences avec le patron de l'hebdomadaire Claude Perdriel concernant l'avenir de la publication (lire Le Temps du 13 février).

Laurent Joffrin arrive en terrain connu, puisqu'il a dirigé la rédaction du Nouvel Obs de 1988 à 1996, année où Bernard Guetta l'a remplacé. «La responsabilité qui m'est confiée est beaucoup plus nettement définie que lorsque je suis parti, a-t-il précisé lors de la conférence de rédaction du quotidien. Les responsables du Nouvel Obs m'ont aussi offert une perspective très claire pour l'avenir, de manière à assurer la pérennité du journal.» En attendant qu'un successeur soit nommé à Libé, le directeur-adjoint de la rédaction Jean-Michel Helvig assurera l'intérim.

Agé de 46 ans, Laurent Joffrin a collaboré de 1981 à 1988 à Libération, en tant que journaliste économique, éditorialiste puis rédacteur en chef. Après son passage au Nouvel Observateur, il est nommé en 1996 par le directeur de la publication Serge July au poste qu'il quitte aujourd'hui: «Laurent Joffrin a contribué efficacement à la relance du journal», affirme ce dernier dans Libération. Une relance qui semble se confirmer: selon les chiffres publiés à l'occasion de ce départ, le journal boucle en matière de distribution une année comparable à 1997, considérée comme exceptionnelle. Le chiffre d'affaires affiche une croissance de 3,1% et le bénéfice se monte à 3,4 millions de francs. Le quotidien réalise ainsi un record historique en matière de recettes publicitaires.