Froid, très froid. Hier soir, la TSR nous emmenait en Sibérie. Le choix aurait pu être déprimant si l'été n'avait pas décidé (enfin!) de nous faire une petite visite. La banquise, les nuages de givre, les moustaches gelées des héros partis «Sur la piste du mammouth» avec des chariots tirés par des rennes étaient aussi rafraîchissants qu'un cocktail au peppermint. Générique en fanfare: musique de type Indiana Jones, apparition de la créature monstrueuse plein écran, descente en vol plané sur le grand désert blanc, et en route pour l'aventure: «Faire renaître les mammouths sans commettre de sacrilège, c'est le pari de cette histoire.» Promesses, promesses…

Bien calé dans un fauteuil, ventilé par un courant d'air soigneusement organisé, on espérait vivre un grand moment – l'extraction d'un mammouth entier, c'est quelque chose! Déception. On n'est pas sorti des limites du genre: vastes étendues, personnages exotiques, dialogues faussement spontanés… Et en voix off: Ah, le géant des neiges! La chaleur des habitants malgré l'hiver qui s'avance! La fraternité, l'immuable quotidien qui s'organise dans la tourmente, le brise-glace qui ouvre la route aux bateaux ravitailleurs et apporte l'espoir, la silhouette d'un chat assis devant une fenêtre, et «surgi de la toundra, voici Boris…» Mais c'est trop tard, on dort déjà.