Street Fighter X Tekken

L’axe de l’ennui

Testé sur PS3. Disponible également sur PS Vita, XBox 360 et PC.

Rappelons quelques définitions: le jeu de combat peut s’imaginer – c’est sa version première, antique – en deux dimensions. Les adversaires se déplacent sur un axe, de gauche à droite, s’approchant et s’éloignant l’un de l’autre pour se distribuer des coups ou en éviter. On appelle ça la « 2D ». Mais il peut aussi s’imaginer – évolution naturelle – en « 3D »: les combattants évoluent dès lors dans tous les sens – à gauche, à droite, mais surtout vers l’arrière et vers l’avant -, profitant de l’entier d’un ring pour développer une stratégie plus complexe.

Quand bien même la « 3D » constitue une avancée, sa devancière garde des inconditionnels. On ne sait si c’est par une forme de nostalgie. Mais c’est en tout cas quelque chose qui ressemble fort à la joie du carcan. Et que l’on comprend mal.

« Street Fighter X Tekken » prend le pari de cette claustrophobie. Le « crossover » - ainsi nomme-t-on les hybridations de licences – que propose ici le studio Capcom met face à face les équipes combattantes de deux univers: Ken, Ryu, Chun-Li et al, pour la maison «Street Fighter», font face à Heihachi, Marduk, Yoshimitsu et consorts pour l’écurie «Tekken». L’idée, même si elle ne brille pas par sa nouveauté, est bonne et permet d’espérer une alchimie positivement adolescente.

Mais c’est à peu près la seule: à la rectitude des déplacements s’ajoute la platitude de combats sans magie et des aires de jeu criardes, au demeurant fort peu nombreuses. Là où d’autres licences - «Tekken» sui generis ou, surtout, l’épique «Soulcalibur» - permettent une chorégraphie en pleine liberté pyrotechnique, « Street Fighter X Tekken » s’épuise (et nous épuise) en katas outranciers et un peu vains. La chose est à réserver impérativement à celles et ceux qui déplorent la disparition des salons de jeux d’il y a quelques décennies.

Note: 2 sur 5

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