MAG est un jeu de tir à la première personne d’un type commercial nouveau: il ne s’expérimente qu’online, en mode multijoueurs. On le regrettera: une campagne solo, si sommaire soit-elle, permet de s’acclimater à une ambiance et à une jouabilité. Dans MAG, développé par le studio Zipper Interactive, vous êtes au contraire d’emblée plongé dans le bain de l’interactivité, avec les désavantages qu’elle comporte pour un joueur néophyte: face à des gamers acharnés, votre espérance de vie se compte au mieux en dizaines de secondes. Surtout lorsqu’on se rend compte que certaines parties accueillent simultanément jusqu’à 256 (!) participants...

Inutile de dire que dans de telles conditions, l’adrénaline a tendance à déborder de partout, au rythme des tirs en pagaille. Surtout, l’expérience du multijoueurs online réserve bien souvent des expériences du troisième type, les voix de vos collègues - affalés sur leur divan, micro et oreillette scotchés au visage – vous parvenant par l’intermédiaire de votre console, jusqu’à couvrir de commentaires et éructations la fusillade ambiante. Ainsi, en quelques heures de jeu, l’auteur de ces lignes a pu apprécier de bien édifiantes conversations en français, parfaire ses connaissances d’anglais et de ce qui semblait être du japonais, et découvrir une palanquée d’idiomes étranges et non identifiés. Grâces soient rendues à la robustesse des serveurs de chez Zipper...

Mais revenons au jeu. Celui-ci vous transporte à la fin de la IIIe Guerre mondiale, époque funeste qui voit la Terre faire l’objet d’un combat entre trois forces armées que vous aurez loisir d’accompagner: S.V.E.R., conglomérat de combattants tchétchènes, chinois, indiens et russes; Raven, une troupe européenne; et Valor, qui a opéré la jonction entre soldats US et britanniques. Les missions qui vous seront offertes sont relativement variées, allant de la destruction d’escouades ennemies à des opérations de sabotage ou de domination tactique. La réalisation des décors est tout à fait acceptable, les champs d’opération extrêmement vastes et la fluidité des déplacements remarquable au vu de la contrainte online. Vous pourrez même – encore faut-il le vouloir – retrouver vos compagnons d’armes après les opérations pour évoquer vos hauts faits dans une franche camaraderie virile (et polyglotte). Au final, on a là un jeu qui dans son genre est tout à fait prenant, bien conçu, mais qui se doit d’être déconseillé aux néophytes. Sauf si ces derniers sont d’une patience extrême...

Note: 3 sur 5