Amnesty International (AI) lance aujourd'hui un appel aux autorités chinoises leur demandant de libérer «immédiatement» toutes les personnes détenues pour avoir utilisé Internet afin «d'exprimer pacifiquement leurs opinions ou de partager des informations». L'organisation de défense des droits de l'homme les considère en effet comme des prisonniers d'opinion. L'appel est doublé d'un rapport qui liste «33 cas au moins de personnes arrêtées ou emprisonnées» pour avoir utilisé Internet, dont «deux, membres du mouvement spirituel Falungong, sont décédées à la suite apparemment d'actes de torture et de mauvais traitements imputables à des policiers.» De manière générale, AI estime que les quelque 46 millions d'internautes chinois (chiffre de juin 2002) «sont pris dans un étau de règlements – plus de 60 ont vu le jour depuis 1995 – qui se resserre chaque jour davantage., Et l'organisation d'énumérer les mesures de contrôle des autorités: «filtrage ou blocage de sites étrangers, création d'unités spéciales de cyberpolice, blocage de moteurs de recherche ou encore fermeture des sites diffusant des informations sur la corruption ou des écrits critiques envers le gouvernement.» Des dispositifs permettant de surveiller les e-mails auraient aussi été installés par le Ministère de la sécurité publique chez les fournisseurs d'accès. Quant aux cybercafés, plusieurs milliers ont été fermés, et l'autorisation de réouverture ne serait accordée qu'après installation d'un logiciel permettant de bloquer l'accès à 500 000 sites étrangers «politiquement sensibles» ou «réactionnaires». L'organisation dit aussi son inquiétude quant aux informations selon lesquelles des entreprises étrangères auraient livré à la Chine des technologies utilisées pour censurer Internet.