PRESSE

«L'Evénement (du jeudi)» a cessé de paraître

En dix-sept ans, le magazine a changé quatre fois de propriétaire.

Pendant presque une décennie, ce fut une belle aventure. L'aventure d'un hebdomadaire créé par subvention publique. L'aventure d'un ton: plus insolent. L'aventure, en fait, d'un homme, Jean-François Kahn, et d'une équipe. La chute du magazine, elle aussi, a presque duré dix ans au cours desquels il a passé de mains en mains. Las. Sauf surprise, samedi, L'Evénement… à l'origine du jeudi a paru pour la dernière fois, encarté dans France-Soir. Dès la semaine prochaine il sera remplacé par TV-magazine.

Dix-sept ans de tumultes

Créé dans l'euphorie, en 1984, L'EDJ connaît très vite le succès. On aime son ton vif, ses unes accrocheuses, ses dossiers palpitants, écrits comme des polars. Mais aussi vite qu'elles ont grimpé, les ventes commencent à redescendre. La recette s'épuise. Pire, raconte Libération, «Kahn se disperse, il rachète un cinéma, un restaurant, il investit à gauche et à droite». Avec, comme résultat, le dépôt de bilan en 1994.

Mais le malade ne veut pas mourir. A son chevet, les repreneurs vont se succéder. Il y a d'abord Jean-Luc Lagardère (Matra-Hachette), qui en 1997 en confie les commandes à Georges-Marc Benamou. Mais rien n'y fait. Malgré les nouvelles, nouvelles formules, les ventes chutent et les pertes s'additionnent. En 1999, le «père» revient, Jean-François Kahn rachète le titre et le transforme alors en magazine culturel. Un pari. Mais ses finances vont mal. Son autre bébé Marianne est à la peine. En juillet 2000, il cède donc L'EDJ à Georges Ghosn, qui le transforme alors en supplément du samedi d'un autre titre en difficulté, qu'il vient de racheter, France-Soir (lire LT du 11.07.00). La descente aux enfers pourtant continue. France-Soir s'enfonce. En décembre, Georges Ghosn jette l'éponge en revendant son bien au groupe italien Poligraphici-Editoriale. Le dernier acte de cette lente agonie était programmé. Mercredi dernier, Poligraphici confirmait la disparition de L'Evénement. L'équipe d'une trentaine de personnes devrait, promet-il, être intégrée à France-Soir.

Publicité