Déjà la cible des pirates, Cablecom se serait bien passé d'un vent de fronde parmi ses abonnés réguliers. Faisant écho à une grogne née sur plusieurs blogs technophiles, une pétition lancée sur Internet par la SKS - pendant alémanique de la Fédération romande des consommateurs - demande à l'opérateur de renoncer à crypter ses programmes. Cette contestation a suivi son chemin jusqu'à Berne via une motion déposée par la conseillère aux Etats bernoise Simonetta Sommaruga. Celle-ci demande aux câblo-opérateurs helvétiques, Cablecom en tête, de diffuser leurs programmes en clair ou, au moins, de laisser à leurs clients le libre choix du décodeur. Cablecom dit souffrir d'une image de «prétendu monopole» du fait de ses 65% de part de marché sur la télévision analogique. Pour le numérique, rappelle le groupe zurichois, cette part se réduit à 20%. Dans ce dernier cas pourtant, l'immense majorité des 400 000 abonnés que compte la Suisse sont contraints d'acheter ou de louer le boîtier fourni par leur opérateur. Un procédé qui s'apparente, selon les organisations de consommateurs, à une vente forcée. Une situation absurde, reprochent les pétitionnaires, puisque les nouveaux modèles de télévisions haute définition sont le plus souvent vendus avec un décodeur intégré. Pour Cablecom, renoncer au cryptage est «simplement inimaginable». «Nous perdrions notre marché si l'on nous en empêchait», résume Claude Hildenbrand, directeur romand de Cablecom. La Commission des transports et des télécommunications du Conseil national devra se prononcer sur la motion de la socialiste bernoise d'ici à fin juin.