L’axe italo-libyen. La Tripolitaine et la Cyrénaïque, contrairement aux autres provinces ottomanes d’Afrique du Nord, sont demeurées sous la domination de l’empire jusqu’en 1911. C’est l’année où les Italiens, qui entretenaient des relations commerciales avec la Libye depuis plus d’un siècle, déclarent la guerre à Constantinople. Ils obtiennent en 1912 les provinces susmentionnées et le Dodécanèse. Avec l’arrivée au pouvoir de Mussolini commence alors une longue période de colonisation et de résistance.

Le roi Idriss Ier (ci-dessus). Né le 12 mars 1889 à Jaghboub et mort le 25 mai 1983 au Caire, reconnu comme émir de Cyrénaïque par le Royaume-Uni en 1946, il était le petit-fils de Muhammad ibn Ali al-Sanussi, auquel il succéda comme chef de la confrérie religieuse des Sanussi en 1916, avant d’être contraint de s’exiler en Egypte en 1923 pour échapper au fascisme. Il fut souverain de Libye dès le 24 décembre 1951, lorsque celle-ci fut le premier pays du Maghreb à accéder à l’indépendance, votée par l’ONU: un échafaudage rapide d’une «effarante fragilité», commente alors le Journal de Genève. Sévère pour la construction, par ce «sympathique forum sans compétence», d’une nation avec «une économie de désert et de chameaux» et «des institutions prébibliques». Ce, après «la destruction presque totale des œuvres de la colonisation italienne» qui avaient fait de la Libye «le territoire le plus retardé d’Afrique du Nord».

Le coup d’Etat. Le 1er septembre 1969, alors qu’il était en traitement médical en Turquie, le roi de Libye fut déposé par le jeune capitaine Mouammar Kadhafi. Le 4 août 1969, il avait transmis au Sénat une lettre d’abdication en faveur de son neveu et héritier, le prince Hassan Reda, qui avait déjà commencé à exercer la plupart des prérogatives royales. Sa renonciation devait prendre effet début septembre, mais la monarchie fut de fait immédiatement abolie par le coup d’Etat de Mouammar Kadhafi.