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«L’image de la Suisse en Europe devient complexe»

Directeur de Présence Suisse, Nicolas Bideau tente de nuancer les effets négatifs, en termes d’image internationale du pays, du vote de dimanche

Pour promouvoir l’image de la Suisse à l’étranger, il y a de meilleurs arguments que les résultats de certains votes populaires. Actuellement à Sotchi, Nicolas Bideau, qui dirige Présence Suisse, s’efforce pourtant de nuancer les conséquences du scrutin de dimanche. L’analyse du premier vendeur du prestige national.

Le Temps: Vous avez pour mission de polir la réputation de la Suisse. Depuis dimanche, on vous imagine effondré…

Nicolas Bideau: Mon job est de connaître objectivement ce que les publics étrangers pensent de la Suisse, en particulier dans les moments médiatiques sensibles pour le pays. Nous avons suivi la votation de dimanche de près, car nous savions qu’un oui aurait des effets en termes d’image à l’étranger. En général, les médias reconnaissent que les enjeux de la votation sont d’actualité dans la majorité des pays européens et traduisent une insécurité face à ces questions. Globalement, oui, on note une tonalité plutôt négative dans la couverture du vote par la presse étrangère. Disons qu’un nouveau défi de communication à l’international s’offre à nous. – Le pays ne passe-t-il néanmoins pas, à tort ou à raison, pour une nation de profiteurs égoïstes?

– Comme je l’ai dit, les médias étrangers reconnaissent que les enjeux de la votation sont d’actualité. La démocratie directe donne souvent un éclairage fort sur la Suisse, car nous sommes l’un des seuls pays à s’exprimer ainsi sur des sujets aussi divers que le salaire de ses dirigeants, ses avions de combat ou son immigration. Le résultat de la votation de dimanche va certainement nous amener à renforcer notre communication sur les mécanismes de la démocratie directe, mais aussi sur la nature de nos relations avec l’Union européenne. Mais, encore une fois, il faut être conscient que, la plupart du temps, les sujets sur lesquels le peuple suisse s’exprime sont d’actualité en dehors de nos frontières. En fait, aux yeux de la presse étrangère, la Suisse ne se distingue pas spécialement de l’Europe.

– L’image de la Suisse en Europe, une zone importante pour Présence Suisse, était déjà singulière. Ne devient-elle pas illisible?

– Illisible, non. Complexe, certes. L’une de nos missions, c’est d’informer les publics étrangers sur la Suisse et son actualité. Selon le résultat des discussions exploratoires que le Conseil fédéral aura avec l’Union européenne, et notamment en fonction de la rencontre entre le secrétaire d’Etat Yves Rossier et le directeur général David O’Sullivan à Bruxelles le 20 février prochain, nous devrons renforcer notre mission d’information.

– Dans un an ouvre l’Exposition universelle de Milan, à une soixantaine de kilomètres du Tessin, fief du oui à l’initiative… N’est-ce pas mal parti?

– Le résultat des discussions exploratoires avec l’UE nous permettra, à terme, d’y voir plus clair sur nos relations avec l’Italie. Ce qui est sûr, c’est que notre présence à Milan en 2015 sera forte, avec un pavillon situé au cœur de l’Exposition universelle, à côté de celui du pays hôte.

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