Quand l'actualité oblige à attendre le dénouement d'un événement à la fois tragique et mondain, des millions de téléspectateurs restent forcément cloués devant leur télévision. CNN est donc revenue sans cesse, depuis samedi, sur la disparition de John Kennedy junior. A défaut d'images fortes, les questions des reporters aux responsables des recherches permettaient d'espérer des bribes d'information et soutenaient l'intérêt. Nous avons donc, ce week-end, pu réentendre des centaines de fois l'histoire tragique de la famille Kennedy.

Les téléjournaux romand et français ont bien sûr pris le relais, John John a eu droit à un quart d'heure de célébrité sur F1 et F2, avec à peine un mot pour sa femme et rien du tout pour sa belle-sœur, réduite au nom écrit sur l'étiquette d'un sac récupéré dans l'eau. Mais faut-il vraiment se joindre au concert et parler de «famille poursuivie par le destin» quand on apprend que John junior, pilote de peu d'expérience, s'était lancé dans un vol à vue par des conditions météo peu propices? Dimanche soir, il était sans doute encore trop tôt, télévisuellement parlant, pour rendre sa part à l'imprudence. Le destin a plus fière allure quand la mort frappe un rejeton de grande famille.