Il a tout fait, Dave. Il a été Hollandais dans son enfance, hippie à l'adolescence («Hair»), proustien dans sa jeunesse («Du côté de chez Swann»), puis gay ambassadeur des fromages de son pays d'origine, ensuite coanimateur avec Sheila d'une émission de variétés qui n'aura duré qu'un seul été (surtout pour Sheila), enfin «has been assumé» dont l'esprit de repartie ouvre toutes les portes des plateaux TV.

On l'a vu le 22 décembre en guest star de «Domino Day», le lendemain chez Ardisson, le surlendemain animer «Le Grand Casting» et mercredi soir, dans un grand traîneau à la Mayerling, donner la réplique à Marc Olivier Fogiel pour «Ils ont fait 2001.»

Dave est ce que l'on appelle un bon client. Mieux, c'est une authentique créature de télévision. D'abord parce que l'auteur de «Vanina» est une sorte de gentilhomme cathodique, cultivé et curieux, donc télécompatible avec n'importe quel invité. Ensuite parce qu'il possède, comme Amanda Lear, cette forme d'autodérision qui le prémunit de tout esprit de sérieux. Enfin, et surtout, parce qu'il ne vieillit pas: son brushing reste un mystère capillaire et son visage désespérément juvénile irrite les accros à la DHEA. Or, la télévision a besoin de ces personnages à la Dorian Gray. Elle en a besoin pour montrer qu'elle ne change pas, et les téléspectateurs non plus. Dave sait d'ailleurs se monter persuasif sur son intemporalité: sa dernière compil est la même que toutes ses précédentes!