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L’UDC lance sa campagne 2015 avec son slogan «Rester libre»

L’UDC s’offre ce mercredi une page entière dans les journaux suisses. Elle veut renforcer sa présence au parlement avec en cadeau bonus deux sièges supplémentaires au Conseil des Etats

L’UDC n’a pas son pareil pour s’engouffrer dans le creux de l’actualité. Ce mercredi, les lecteurs des journaux suisses découvriront une publicité d’une page entière aux couleurs du parti. Slogan: «Rester libre!» Mardi face à la presse, Toni Brunner a indiqué que ce message allait être martelé tout au long de l’année électorale 2015. Pour l’UDC, cela s’applique aussi bien à nos relations avec l’Union européenne, à notre politique à l’égard des étrangers, que face au fisc, impôts et réglementations diverses. Pas d’illustrations choquantes, de chiffres ou de graphiques douteux dans cette page mais une mise en garde contre ce qui menace la Suisse, à en croire le premier parti du pays. Autant dire un pot-pourri de tout ce qui est asséné depuis quelques années avec en prime une attaque en règle contre ce parlement et ce Conseil fédéral qui «dévieraient sur la gauche».

Pour l’UDC, les élections fédérales d’octobre 2015, c’est donc déjà aujourd’hui. En 2011, l’UDC a perdu 2,3 points par rapport à 2007, passant de 28,9% à 26,6% au Conseil national. Et les derniers sondages prévoient un nouveau recul. Durant cette législature, plusieurs ténors ont également quitté Berne, dont Christoph Blocher, Caspar Baader, Peter Spuhler, ou encore Yvan Perrin chez les Romands. Mais Toni Brunner ne croit pas aux mauvais présages. Sans vouloir se fixer un objectif, si ce n’est celui de renforcer la présence de l’UDC au parlement avec en cadeau bonus deux sièges supplémentaires au Conseil des Etats, il brandit les résultats des dernières élections cantonales. «Depuis début 2012, dans 15 cantons sur 19, nous avons progressé», dit-il. Et d’attendre avec impatience les derniers scrutins cantonaux avant octobre 2015, dont ceux de Bâle-Campagne, Zurich et Lucerne.

Tout un programme a déjà été planifié pour ces prochaines semaines. Les 9 et 10 janvier, les cadres du parti se mettent au vert au bord du lac de Constance. Ils ont notamment invité l’ancien secrétaire d’Etat Michael Ambühl, lequel a récemment exposé sa solution pour appliquer l’initiative du 9 février contre l’immigration de masse (LT du 22/12/2014). Le 24 janvier, ce sera l’assemblée des délégués, au Tessin. Le 21 février, le groupe parlementaire se réunira à Herisau et en profitera pour aller à la rencontre des électeurs. Enfin, le 28 février, l’UDC se retrouvera à Nottwil pour élaborer son programme de parti pour la prochaine législature.

Sans parler des initiatives qui permettront à l’UDC de se profiler. Le texte qui vise à instaurer la primauté du droit suisse sur le droit étranger est en ce moment examiné par la Chancellerie fédérale. Sourire en coin, Toni Brunner ne cache pas que d’autres idées sont à l’étude. Le président de l’UDC n’a pas voulu en dire davantage sur ce qui allait sortir du chaudron. Mais il a déjà été question de lancer une initiative visant à abolir l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. Par contre, l’initiative visant à durcir drastiquement le droit d’asile a été recalée, indique Toni Brunner. Les premiers contours ont été dévoilés l’été dernier. Il s’agissait de ne plus accepter de requérants d’asile arrivant par la voie terrestre. «Nous ne sommes pas satisfaits des variantes qui nous ont été soumises», dit le président de l’UDC, précisant que l’asile restait un thème qu’il faudra aborder. Tout comme l’aide sociale.

Chef de campagne, Albert Rösti a longuement insisté sur la nécessité d’une réforme. Le conseiller national bernois plaide pour un retour à l’autonomie communale et critique vertement le pouvoir des organisations supracantonales, qui décident de tout «sans légitimité démocratique», estime-t-il. Et l’UDC attend évidemment avec impatience que le Conseil fédéral sorte son projet pour appliquer son initiative contre l’immigration de masse.

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