Les Genevois vont faire le 7 juin un choix politique moins fondamental sans doute que celui sur le génie génétique mais néanmoins complexe et proche de leurs préoccupations quotidiennes: ils devront approuver ou rejeter la fusion des hôpitaux de Genève et de Lausanne.

La TSR2 nous offrait donc hier soir un débat (Droit de Cité) consacré à ce roman à épisodes. «Il y a eu concubinage, puis fiançailles, nous en sommes à la demande en mariage», résuma Guy-Olivier Segond en début d'émission. Or la fiancée, en l'occurrence une bonne partie du corps médical et universitaire, défend son territoire, elle le manifestait vigoureusement hier soir sur le plateau.

Le problème, c'est que personne ne nous a rappelé en préambule les termes détaillés du contrat de mariage que nous sommes, dirait-on, tous censés connaître. Guy-Olivier Segond a eu beau répéter dix fois que la fusion vise à améliorer la qualité des soins de pointe et à faire des économies, le débat n'a pas décollé ni clarifié concrètement ces points fondamentaux. Il n'a pas non plus permis de se situer dans la nébuleuse des arguments avancés par les opposants au projet.

Bref, ce débat fut, et ce n'est pas la première fois, une belle démonstration: comment discuter pour défendre son point de vue sans l'étayer de manière à le faire comprendre.