Audi et Skoda emportés à leur tour par le scandale

Volkswagen est loin de naviguer en eaux tranquilles. Chaque jour apporte son lot de détails supplémentaires sur le scandale qui secoue le constructeur aux douze marques depuis dix jours. Lundi, le groupe reconnaissait que sur les 11 millions de voitures concernées par l’affaire des moteurs truqués, 2,1 millions sont des Audi. La plupart (1,4 million) ont été commercialisées en Europe occidentale, dont près de 600 000 en Allemagne. Le moteur incriminé EA 189 est installé dans presque toutes les versions diesel de la marque (modèles A1, A3, A4, A6, TT, Q3 et Q5 équipées d’un moteur de 2 l ou 2,6 l). Le patron d’Audi, Ulrich Hackenberg, figurerait d’ailleurs sur la liste des managers de VW dont le départ est déjà annoncé, aux côtés du directeur de la recherche de Porsche, Wolf­gang Hatz. On apprenait également lundi que 1,2 million de véhicules de la marque Skoda sont eux aussi touchés. VW n’a toujours pas fourni de liste complète des véhicules ni des pays concernés par le scandale. Le groupe a annoncé que près de 2000 voitures Volkswagen importées en Chine pourraient être concernées, tout en précisant que «l’ensemble des véhicules produits et vendus par les coentreprises de Volkswagen en Chine n’est pas affecté».

Difficile pour Volkswagen de maintenir la ligne de la culpabilité réduite à «un petit cercle de managers», comme l’assurait le président du conseil de surveillance, Berthold Huber, vendredi. Le parquet de Brunswick a ouvert une information judiciaire pour «fraude» contre Martin Winterkorn, patron démissionnaire du groupe. L’ouverture de la procédure fait suite à une dizaine de plaintes déposées contre le groupe. L’un des plaignants n’est autre que Volkswagen, qui veut faire «toute la lumière sur les responsabilités» dans ce scandale. Martin Winterkorn est soupçonné d’avoir trompé la clientèle avec des fiches clients mensongères sur les émissions toxiques des véhicules diesel du groupe.