La compétition sur le plan des tablettes change de terrain. Samsung avait été l’un des premiers à répliquer face à l’iPad. Désormais, c’est au tour d’Apple de lancer un produit sur le marché des mini-tablettes. Google, en partenariat avec le constructeur Asus, commercialise depuis cet été la tablette Nexus 7, dotée d’un écran d’une diagonale de 18 centimètres. Elle n’est pas disponible officiellement en Suisse, mais via des revendeurs spécialisés, tel Digitec qui nous a fourni un exemplaire de test. En face, Apple a lancé vendredi son iPad mini, doté quant à lui d’un écran de 20,1 centimètres de diagonale. A titre de comparaison, celui de l’iPad classique en mesure 24,6. Démarrons le match entre ces deux tablettes, format réduit.

Premières impressions

Bonne surprise pour la Nexus 7, pour laquelle on craignait des matériaux de piètre qualité. La coque est certes en plastique, mais avec un revêtement d’apparence solide et agréable au toucher. Pas de surprise pour l’iPad mini, avec des finitions irréprochables et un dos en aluminium brossé – un peu plus froid que celui de la Nexus. A l’inverse de l’iPad classique, ces deux tablettes peuvent se tenir d’une main, ce qui est très pratique. Avantage à l’iPad mini côté poids (308 contre 340 g), alors même que cette tablette est plus grande. Mine de rien, avec une main, ces 32 grammes font une différence.

On remarque que les bordures autour de l’écran de l’iPad sont deux fois plus fines que celles de son concurrent. La Nexus ne comporte aucun bouton physique sur l’avant (mais trois boutons virtuels en bas de l’écran), avec un bouton d’allumage sur le côté, et les deux pour le volume. Pour l’iPad mini, un bouton central en bas, deux pour le volume à droite.

L’écran

De manière étonnante, Apple n’a pas doté son iPad mini de son meilleur écran. Le nombre de pixels par pouce (163) est ainsi inférieur à celui de son iPad de quatrième génération (264 pixels), et aussi inférieur à celui de la Nexus 7 (216). Un saut qualitatif en arrière surprenant de la part d’Apple. Du coup, l’on distingue parfois les pixels sur l’écran et la tablette de Google offre, dans ce domaine, une qualité sensiblement meilleure. La différence est surtout visible pour l’affichage de texte, les caractères étant mieux dessinés sur la Nexus 7. Vu l’espace réduit entre l’écran et les yeux, cela compte.

Côté taille, avantage clair à l’iPad mini, avec une diagonale de 2 cm plus grande. Lors de la présentation de sa tablette, Apple avait insisté sur le fait que les sites web étaient mal affichés sur la Nexus 7. Selon nos tests, il n’en est rien: l’iPad mini affiche logiquement davantage de contenu, mais les pages ne sont pas «cassées» sur la tablette de Google.

Les performances

Aucun souci pour la rapidité, les deux appareils sont équipés de puces puissantes. On note tout de même que pour le chargement de pages web riches, l’iPad mini est dans tous les cas plus rapide que son concurrent – mais cela se joue à trois fois rien. Pas de différence pour l’autonomie, la batterie des deux tablettes permettant une utilisation aux alentours des 8 heures. A noter que l’iPad mini se charge nettement plus rapidement que l’iPad classique.

Les possibilités

L’iPad mini offre exactement les mêmes possibilités que son grand frère et le magasin d’Apple comptant 275 000 applications pour tablette est richement fourni. En face, Google propose quelque 700 000 logiciels au total dans son «Play Store», sans dire combien sont dédiées spécifiquement aux tablettes. Reste que le catalogue de Google n’a presque plus rien à envier à celui d’Apple, d’autant que sa nouvelle interface est très réussie. Equipée de la version 4.1.2 d’Android, la Nexus 7 propose une infinité de paramétrages, des «widgets» animés à la possibilité de créer des écrans d’accueil personnalisés. Rien de tel avec l’iPad mini, sur lequel les possibilités sont moindres – mais dont l’utilisation est en contrepartie légèrement plus aisée pour les débutants.

Intéressons-nous aux livres: Apple propose sa librairie intégrée avec de nombreux titres, et à des prix plutôt élevés. Ainsi, l’on trouve par exemple le livre L’Impétueux, sur Nicolas Sarkozy, à 25 francs. Ou un livre SAS 195 Panique à Bamako pour 7 francs. C’est un peu cher, mais très pratique. Sur la Nexus 7, l’accès à la librairie de Google n’est pas encore possible depuis la Suisse. Il faut donc passer par des applications tierces, telle celle d’Amazon, ce qui est un peu moins pratique. Reste que le confort de lecture est très élevé sur les deux tablettes. Un petit avantage pour l’iPad mini, qui permet de tourner les pages virtuellement de la main droite en gardant le pouce gauche sur l’écran. Un détail, certes.

Mémoire et connectique

Avec trois déclinaisons de mémoire (8, 16 ou 32 Go), Google est moins généreux d’un cran qu’Apple (16, 32 et 64 Go). Il n’est pas possible d’ajouter une carte mémoire à la Nexus 7. Son connecteur est un mini-USB. Celui de l’iPad mini est la mini-prise que l’on a découverte avec l’iPhone 5.

Les deux tablettes se connectent à Internet uniquement en Wi-Fi. Mais Apple sortira dans quelques semaines un iPad mini qui se connectera aussi au réseau de téléphonie mobile.

Le prix

Avantage certain à la Nexus 7. Son modèle 16 Go est vendu 289 francs par Digitec, alors que le prix de l’iPad mini de même capacité est de 379 francs. Avec un modèle d’entrée de gamme à 249 francs, la Nexus 7 offre un excellent rapport qualité-prix.

A savoir

La déferlante des tablettes débute. Google a annoncé une tablette 10 pouces. Il est aussi possible de se procurer le Kindle Fire d’Amazon, proche de la Nexus 7.

Conclusion

Deux tablettes très proches. Sans surprise, l’iPad mini, vu son prix élevé, ses finitions et son poids plume, est un produit haut de gamme, mais dont l’écran aurait dû être de meilleure qualité. La Nexus 7, nettement plus abordable, offre davantage de possibilités – hormis l’accès direct à un magasin de livres et de musique, ce que propose son concurrent