Au départ, tout ou presque va bien. On se dit qu’on tient avec «Inversion» un jeu de tir à la première personne qui, sans révolutionner le genre, va au moins s’avérer bon élève. Posons le décor de l’objet vous êtes dans la peau d’un policier nommé Davis qui, alors qu’il fait sa ronde avec son acolyte, Leo, tombe au coin d’une rue sur le début de l’Apocalypse: des êtres qui pourraient être des hommes, s’ils n’étaient pas déformés d’étrange manière et s’ils ne parlaient pas un anglais dont toutes les consonnes semblent avoir été remplacées par de dégoûtants bruits de gorge, des presque-hommes – donc – tirent sur tout ce qui bouge. C’est le début d’une invasion, et l’on se dit, au vu du désenchantement attractif qui baigne ces scènes inaugurales, qu’on pourrait passer un bon moment..

Mais non. Au fil de l’avancée du jeu, on se rend compte des multiples défauts de l’objet: scénarisation bien trop scriptée (le fameux «effet couloir» qu’on acceptait sans peine dans les années 90, il y a 20 ans donc…); gameplay constellé d’accrocs (sur une scène de combat, le passage d’une couverture à l’autre ressemble davantage à du mouvement brownien qu’autre chose); animation pataude (mais on avouera que la trame des décors, elle, tient la route); inepties de la microstructure narrative (l’auteur de ces lignes ne sait toujours pas comment il est parvenu à échapper aux griffes des Lutadores – ce sont les méchants de l’affaire – qui le retenaient prisonnier dans une mine); manque criant d’originalité (les spécialistes ont relevé des emprunts mal digérés à toute une série de jeux: «Gears of War», «Bulletstorm», «Half-Life», «Dead Space 2»).

Bref, faites votre choix. Mais faites-le bien.

Note: 2/5